Evolution de la démocratie participative – Intervention de Jean-Bernard Bros

Madame la Maire, mes chers collègues,

 La crise conseil de quartierde confiance des citoyens envers la politique nous oblige à poursuivre une démarche de transparence et d’exemplarité, pour impulser l’envie à tous de se préoccuper et de participer aux débats publics.

 Les nouvelles règles déontologiques de notre action participeront de cet effort, mais plus encore, il faut redonner aux citoyens leur place dans le processus démocratique au-delà des échéances électorales. La participation citoyenne est essentielle pour offrir à chacun, les conditions de son émancipation au sein de la vie de la cité. Elle est la condition pour que les citoyens s’y sentent respectés et intégrés.

La ville de Paris a mené depuis 2001 un certain nombre d’actions pour la démocratie participative, à travers les conseils de quartiers, les nombreuses réunions de concertation dans le cadre de grands projets urbanistiques, et à travers bien d’autres initiatives dont je vous ferai grâce de la présentation. Nous ne pouvons cependant pas nous satisfaire de ce bilan.

Il est temps que la Ville de Paris entre dans une véritable démocratie délibérative. La prise de décision publique doit intégrer l’expertise et l’avis des habitants de manière plus directe et partagée. Les conseils de quartier, diversement mis en place, sont le témoin des dysfonctionnements pouvant apparaitre dans nos instances de démocraties participatives.

Si dans certains arrondissements les règles appliquées ont permis l’émergence d’initiatives citoyennes, force est de constater que bien souvent, les conseils de quartiers sont des instances bien peu passionnantes quand elles ne sont pas des tribunes politiques pour les élus. Un Maire ou un député Maire qui s’invite quasi systématiquement à un conseil de quartier et y monopolise la parole: ce n’est pas normal. Un conseil de quartier présidé par un élu : ce n’est pas normal. Des conseils de quartier verrouillés et utilisés, comme dans certains arrondissements de droite, pour critiquer l’action de la Ville de Paris, ce n’est pas normal. Au-delà des conseils de quartiers, l’adaptation à de nouveaux publics constitue LE défi de notre démocratie locale.

Pour se faire, de nouveaux outils doivent être trouvés, comme avec l’utilisation, comme cela est esquissé dans le vœu de l’exécutif, du numérique. Sans remettre en cause les rencontres humaines, le développement de consultation, de concertation ou de dialogue via Internet constitue un moyen complémentaire d’élargir à un public qui ne se retrouve dans les formes actuelles de la participation citoyenne. Les conseils de quartier eux-mêmes pourraient être redynamisés à travers, par exemple, la création de sites collaboratifs dédiés. Il nous faut élargir le champ des possibles pour que chaque habitant puisse faire le choix de son outil de participation.

La mise en place d’un budget participatif, même si les modalités d’application sont encore floues, d’une plate-forme d’échanges avec les élus, de la prise en compte de pétitions, sont à ce titre des pistes intéressantes. Ainsi, nous voterons ce vœu car les intentions sont les bonnes. Nous attendons bien sûr les modalités d’application des différents projets qui, nous espérons, permettront de remplir pleinement les objectifs annoncés

Je vous remercie