Paris : Delanoë pourrait disposer d’un secrétariat à la mairie

parisienLe 15 mai 2014

 

Un projet de délibération prévoit de mettre à disposition de l’ancien maire de Paris un bureau à l’Hôtel de Ville avec secrétaire. Le sujet divise la majorité.

Selon l’entourage de la maire (PS), Anne Hidalgo, les moyens accordés à Bertrand Delanoë n’entraîneront pas plus de dépenses. Pour tenter d’amadouer la droite, et alors que les écologistes sont réticents, l’exécutif propose d’étendre la mesure à tous les anciens maires.

Il a quitté l’Hôtel de Ville depuis plus d’un mois maintenant et, pourtant, Bertrand Delanoë pourrait bien encore animer les débats du Conseil de Paris lundi et mardi. Une délibération le concernant agite les élus. La mairie souhaite mettre à sa disposition un bureau et une secrétaire à mi-temps en raison de la « place particulière » qu’il occupe.
Le texte mentionne les courriers que le socialiste, à la tête de l’Hôtel de Ville pendant treize ans, de 2001 à 2014, continue de recevoir de la part des Parisiens et des Parisiennes. Mais aussi les invitations que lui adresseraient notamment des personnalités étrangères de passage à Paris et dont le suivi serait nécessaire « dans l’intérêt de l’image et des relations de la Ville ». Dans le document que nous nous sommes procuré, les moyens déployés au service de Bertrand Delanoë consisteraient en un bureau, un poste informatique et « les moyens de secrétariat adaptés » aux besoins de l’ex-élu (l’équivalent d’une secrétaire à mi-temps est avancé).
L’UMP Jean Tiberi, en 2001, avait lui-même bénéficié d’un bureau et des services d’une secrétaire en tant qu’ancien maire de Paris (1995-2001). Mais, à l’époque, il siégeait encore au Conseil de Paris et les moyens mis à son service avaient été supportés par le groupe UMP. Bertrand Delanoë n’a, lui, plus aucun mandat. La Ville doit-elle financer un secrétariat à ce désormais « simple citoyen », à l’image de ce qui se fait avec les ex-présidents de la République ?

Les écologistes sont très réservés

Membres de la majorité municipale, les élus écologistes sont très réservés sur le sujet. « Alors qu’un vent de modernisation souffle sur l’Hôtel de Ville, cette délibération est décalée, fustige Bernard Jomier, adjoint à la maire (EELV) chargé de la santé. Elle est surprenante dans un contexte d’économies et contestable symboliquement. » Une réaction qui suscite des critiques chez les autres composantes de l’exécutif. « Quel manque d’élégance vis-à-vis de Bertrand Delanoë qui a tant donné à la collectivité et qui n’a rien demandé ! » tacle Jean-Bernard Bros, le président du groupe radical de gauche, centre et indépendants. Pour tenter d’amadouer la droite, l’équipe d’Anne Hidalgo a proposé que ce dispositif s’applique aux trois anciens maires de Paris. Jacques Chirac et Jean Tiberi seraient donc concernés. Interrogé sur le sujet, ce dernier s’empresse de préciser : « Moi, je n’ai fait aucune demande en ce sens. » L’argument n’a en tout cas visiblement pas ému les élus de droite, qui ont décidé de voter contre cette délibération.

« Cette proposition n’engage pas de moyens supplémentaires et aurait pu ne pas faire l’objet d’une délibération mais Anne Hidalgo a souhaité la transparence », précise-t-on dans l’entourage de la maire (PS) de Paris.

Marie-Anne Gairaud et Christine Henry
Le Parisien