Chasse au trésor : bientôt des billets cachés à Paris

parisien  Après les Etats-Unis où ses énigmes font le buzz, le millionnaire altruiste Jason Busi va distribuer ses récompenses dans les capitales  européennes.

Il l’a annoncé en direct sur CNN : la première semaine de juillet, Jason Busi, un multimillionnaire californien ayant fait fortune dans l’immobilier, dissimulera dans Paris des petites enveloppes blanches renfermant de l’argent liquide lors d’une incroyable chasse au trésor. Une initiative inédite qui fait déjà le buzz outre-Atlantique depuis trois semaines.

Le 23 mai, le généreux donateur, alors totalement anonyme, lance sur un compte Twitter dédié à l’opération Hidden Cash (argent caché) qui fédère aujourd’hui 530 000 abonnés. En moins de 140 signes, il distille des indices permettant à ses « followers » de tenter de retrouver à San Francisco des pochettes contenant de 20 à 200 $ (de 15 à 150 €).

Le genre d’énigme ? « Trouvez M. Franklin dans la rue la plus tortueuse, vers la fin. » Traduisez : un billet vert de 100 $ à l’effigie de Benjamin Franklin vous attend en haut de Lombard Street. Le butin est généralement planqué dans du sable sur une plage, à l’intérieur d’une cabine téléphonique, sous un banc, au creux d’un arbre, derrière une statue… Les Sherlock Holmes qui ont la chance de percer le mystère se photographient ensuite avec le magot et affichent leur selfie sur les réseaux sociaux.

Des milliers d’Américains en quête d’argent de poche se prêtent au défi, qui gagne très vite du terrain. Après San Francisco, San Jose et Los Angeles, la course aux cadeaux met désormais le cap à l’Est avec Las Vegas aujourd’hui, Houston et New York demain, Chicago dimanche.

15 000 $ déjà essaimés

Le donateur tenait absolument à rester un pseudonyme jusqu’à ce qu’il soit démasqué il y a quelques jours par un média américain qui n’a pas hésité à dévoiler son identité. Il vient donc de sortir de l’ombre. Ce quadragénaire jure qu’il n’y a « rien de commercial derrière tout ça » et que son action est totalement altruiste et ludique, qu’elle est née pour « faire rencontrer les gens ». Le bon samaritain, qui a déjà essaimé 15 000 $ (11 100 €), relativise sa fortune et tient à préciser qu’il n’est pas un magnat de la pierre mais un « investisseur au succès modéré » ayant tout de même « fait quelques millions ».

Il dit avoir été très ému par cette ado de 14 ans qui a pleuré de joie après avoir découvert 200 $ dans l’une de ses enveloppes surprises, une somme qu’elle a choisi d’envoyer à sa grand-mère malade au Mexique. L’homme, accompagné financièrement par de riches amis ayant la même philosophie que lui, croule aujourd’hui sous les sollicitations individuelles. « On n’est pas milliardaires, on ne peut pas payer votre retraite, vos frais de scolarité, votre voiture, votre maison… S’il vous plaît, plus de demandes de ce type », supplie-t-il.

Désormais à la conquête de Paris, Londres et Madrid, le businessman iconoclaste n’a pas précisé si les billets camouflés seront en dollars ou en euros. Sa démarche est, a priori, à mille lieues de celle qui avait tourné au fiasco en novembre 2009 du côté du Champ-de-Mars. Un site Internet, qui voulait s’offrir un joli coup de pub, devait jeter d’un bus 5 000 bourses contenant une coupure de 5 à 500 EUR. Plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblées, mais l’opération avait été annulée à la dernière minute, car la sécurité n’était pas assurée. Frustrée, une partie de la foule s’en était alors prise aux forces de l’ordre et aux vitrines.

Différente dans l’esprit, l’initiative de l’Américain est d’ores et déjà la cible de critiques : Jean-Bernard Bros, président du groupe radical de gauche, centre et indépendants au Conseil de Paris, a annoncé sur Twitter avoir écrit au préfet de police « pour faire interdire la chasse à l’argent ».

Le Parisien, édition du 13 juin 2014