Piétonnisation de la rive droite: la majorité dit oui, l’opposition est…réservée

La volonté d’Anne Hidalgo, maire de Paris, de fermer « à terme » la voie Georges-Pompidou aux voitures n’a pas manqué, hier, de susciter de nombreuses questions.

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Voie Georges-Pompidou. La mairie a annoncé des études concernant la piétonnisation du boulevard urbain entre le tunnel des Tuileries et le port de l’Arsenal.

Faut-il piétonniserles berges de la rive droite très vite ? Quels aménagements proposer de ce côté- ci du fleuve ? Comment gérer les flux de circulation qui se reporteront sur les quais hauts ? L’annonce faite la semaine dernière par l’équipe d’Anne Hidalgo de lancer des études pour piétonniser « à terme » la voie Georges-Pompidou, entre le tunnel des Tuileries et le port de l’Arsenal (Ier-IVe), a suscité nombre d’interrogations chez les élus parisiens hier au Conseil de Paris.


Si les élus de droite et les centristes ont dénoncé la méthode (lire ci-contre), ils ne se sont cependant pas frontalement opposés au projet. L’UMP a choisi de s’abstenir. A gauche, le voeu présenté pour lancer des études préalables a été voté. Mais communistes, écologistes et radicaux en ont profité pour émettre des souhaits quand aux erreurs à ne pas renouveler…

Développer les transports en commun. « Nos décisions touchent aussi les Franciliens », a rappelé le communiste Didier Le Reste. L’ancien cheminot a donc insisté sur la nécessité de renforcer les lignes de transport en commun qui relient l’Est à l’Ouest parisien.

Plus de verdure. « Le travail des écologistes a été moteur pour la reconquête des voies sur berges », a rappelé l’élue EELV Joëlle Morel avant d’insister sur « la nécessité que les futurs aménagements laissent plus de place au végétal ».

Non à l’invasion de la publicité. « Les berges de Seine ne doivent pas devenir un supermarché à ciel ouvert ». C’est l’injonction faite par Jean-Bernard Bros, le patron du groupe des radicaux, qui ne souhaite pas que, sous couvert de mécénat, la publicité envahisse les bords du fleuve.

Quels reports de circulation ? Jean-François Lamour, le député UMP du XVe, a estimé que le bilan de la mairie de Paris sur la piétonnisation de la rive gauche masquait certaines réalités. « Vos études ne parlent pas des reports de circulation observés rue de la Convention ou rue d’Alésia. Et la pollution aux particules fines reste très importante », insiste l’élu qui a déploré le manque d’ambition de la ville : « Ce site classé mérite beaucoup mieux que de devenir une nouvelle rue de la Soif ! ».

Des tarifs revus à la baisse. Les sandwiches, boissons ou glaces vendus dans les restaurants et autres guinguettes installées le long de la Seine sont-ils trop chers ? Aux yeux du groupe communiste en tout cas, des efforts doivent être faits. « Un espace populaire, ça passe par des tarifs accessibles à tous dans les restaurants », souligne Didier Le Reste.

 

Le Parisien édition du 17 juin 2014