Plan de lutte contre la grande l’exclusion, grande cause de la mandature – Intervention de Jean-Bernard Bros

Madame la Maire,

La question de la lutte contre la grande exclusion est un sujet important du Conseil de Paris et il nous oblige à faire preuve de volontarisme et de méthode tant la tâche est compliquée. Une méthode, c’est bien là ce que vous nous proposez afin de lutter efficacement contre ce phénomène et nous en avons besoin car nous sommes interpellés quotidiennement par la misère qui nous entoure. Que dire, que faire, que proposer, vers quels interlocuteurs se tourner ?

 Les personnes de la rue sont souvent assommées par le nombre d’interlocuteurs différents, et, même à notre niveau d’élus parisiens, il est souvent difficile d’y voir clair. La solidarité a besoin d’un cadre d’action lisible tant les acteurs, l’administration, les associatifs, les professionnels, les bénévoles, sont nombreux et divers. Il y a une nécessité de mettre en cohérence, de décloisonner, et créer ainsi davantage de fluidité, dans l’intérêt, évidemment, des personnes de la rue que nous suivons et accompagnons.

Au fond, quelle est notre ambition ? Faire sortir le maximum de personnes de la rue.

Comment nous y prendre ? Par le biais de la prévention, de l’intervention et de l’insertion dans le temps comme vous l’exposez dans le vœu de l’exécutif.

Il nous faut proposer un hébergement digne et adapté, et des relais plus nombreux vers le logement, car tout est plus compliqué quand on vit dans la rue. Il faut que des emplois adaptés puissent être proposés par les entreprises qui ont un rôle central à jouer dans ce travail de réinsertion. Il faut également un suivi particulier sur les questions liées à la santé des plus exclus parce que la rupture de soins constitue un obstacle majeur à l’insertion.

Le 14 février dernier, les associations Aurore et Emmaüs ont présenté un plan de travail pour qu’il n’y ait plus de sans-abris en 2020. On dit cet objectif irréaliste ? Peut-être. Mais cette démarche volontariste a le mérite de poser un cap ambitieux, ce vers quoi la Maire de Paris s’est pleinement engagée.

La solidarité elle doit être partout et chacun doit y prendre sa part. Elle ne doit pas être utilisée à des fins politiques, comme par exemple lorsque un centre du samu social s’installe dans un arrondissement et comme cela a été le cas il y a quelques années. Mes chers collègues, la prise en charge globale qui nous est proposée est une nécessité, et ce pacte contre la grande exclusion a vocation à donner une véritable impulsion, notamment vers nos partenaires franciliens, avec qui les liens doivent être plus denses.

Un travail de mutualisation des places d’hébergement, de la gestion de l’urgence, mais aussi de l’accompagnement, doit impérativement s’intensifier, tout particulièrement avec nos communes limitrophes. L’Etat doit de son côté maintenir son effort : je sais la détermination de la Maire de Paris, elle l’a d’ailleurs déjà démontré, pour rappeler le gouvernement à ses responsabilités.

Mes chers collègues, chère Dominique Versini, vous pouvez compter sur le soutien plein et entier de notre groupe pour faire en sorte que nous réussissions à être plus performants dans le combat à mener contre la grande exclusion.

Je vous remercie.