Passation de marché pour l’affichage publicitaire : pour une meilleure régulation

Madame la maire, mes chers collègues,

Nous voilà sur un sujet qui ne doit pas être minoré par notre municipalité, et qui interpelle les élus de notre ville, les parisiennes et les parisiens, mais aussi nos millions de touristes : quelle place accordons nous à la publicité ? Beaucoup de groupes sont mobilisés sur cette question et, il est vrai, nous sommes sur le terrain fréquemment interpellés par des riverains : ils sont inquiets de la place importante laissée à la publicité dans notre espace public.

Notre groupe avait d’ailleurs, sur le même sujet, posé une question d’actualité au conseil de Paris du mois de Mai relative à la prolifération des bâches publicitaires géantes.

Disons les choses simplement, et c’est la position des élus de mon groupe : nous ne sommes pas contre la publicité et n’avons pas pour ambition aujourd’hui de la bannir unilatéralement de notre ville. La publicité draine des recettes certaines, et derrière les contrats passés par la ville avec les différentes entreprises gérant l’affichage, il y a des emplois et de l’activité. Nous ne pouvons nier ces éléments importants.

D’ailleurs, et c’est à souligner, les conventions qui nous sont soumises constituent un gain de l’ordre de 27% par rapport aux anciens contrats et atteindraient ainsi un montant de 8,3 millions d’euros pour la ville : ça aussi, nous en sommes bien conscients.

Ces conventions d’occupation de l’espace public ne peuvent néanmoins pas se résumer à une opération uniquement financière pour la ville : car nous parlons là d’un aspect qui n’est pas quantifiable, la qualité de notre espace public et le cadre de vie de nos habitants.

En ce sens, nous avons souhaité porter un certain nombre de demandes via des vœux et amendements car des inquiétudes et questions demeurent :

–         Avons-nous aujourd’hui, si ce n’est le chiffrage précis, une estimation du nombre d’espaces concernés par les 2 conventions qui nous sont proposées ?

–         Pourquoi, et le groupe écologiste porte cette demande via un amendement, établir des contrats si longs qui, de fait, obligent et engagent la ville pour 2 mandatures ?

–         Pourquoi, si un support estampillé « anti-affichage sauvage » existe et est proposé par un prestataire, ne pas l’utiliser pour l’ensemble des supports ?

–         Pourquoi ainsi, continuer à faire appel à du support boisé qui, nous le savons, constitue un terreau favorable à l’affichage sauvage, à la dégradation  et au tag ?

–         Enfin, et c’est également le sens d’un de nos vœux, pourquoi ne pas avoir porté les mêmes exigences pour les palissades sur domaine routier obligeant le contractant à créer de l’espace à de l’affichage associatif ou à vocation locale ?

Cette opportunité d’utiliser ces nouveaux contrats pour favoriser notamment l’affichage local apparait de manière partielle dans ces nouveaux contrats alors qu’elle pourrait constituer un des fils conducteur des exigences posées par la ville. Nous manquons cruellement d’espaces dédiés à l’affichage associatif ou à vocation locale, pour annoncer les fêtes de quartier, les réunions publiques, les conseils de quartier, bref pour favoriser l’engagement citoyen : faire en sorte que les contractants intègrent des espaces dédiés constituerait selon nous une demande de bon sens qui aurait dû être davantage défendue.

Enfin, cette délibération peut également être l’occasion de faire le point sur l’application du règlement local de publicité, savoir où nous en sommes, si des complications existent dans sa mise en œuvre, si les moyens nécessaires sont bien donnés aux équipes mobilisées, si, à la pratique, des effets pervers ne sont pas apparus. Nous le savons et le constatons, sa mise en application est compliquée. Défendre un encadrement plus contraignant de la place de la publicité dans la ville, c’est pour nous défendre la liberté dans l’espace public, la liberté de penser de chacun, la valorisation de notre patrimoine et c’est en ce sens que nous sommes mobilisés sur la question.

Les élus de mon groupe sont pour une régulation vigilante de la part de la ville. Nous souhaitons qu’à termes, Paris se montre plus exigeante afin de continuer à maitriser son espace public, qu’il ne devienne pas le terrain de jeu des publicitaires. L’espace public parisien doit être préservé. C’est un enjeu auquel sont confrontées toutes les grandes villes et sur lequel Paris a déjà, par le passé, marqué sa mobilisation. Nous devons l’intensifier, au nom du bien être des habitants.

L’exécutif a répondu par un voeu qui reprend une partie de nos demandes. Les élus du groupe ont ainsi voté pour ce voeu de l’exécutif