Péage de transit poids-lourds

Madame la Maire, mes chers collègues,

La question de « l’éco-redevance » constitue un sujet sensible sur lequel, nous le voyons bien, les décisions sont difficiles à prendre.

Il y a des inquiétudes de la part des professionnels du secteur : elles doivent être entendues car elles reflètent les difficultés d’un secteur économique, le transport routier, et nous avons aussi la responsabilité de les prendre en compte. Ne minorons pas cet aspect dans la décision qui va être prise par le Conseil de Paris.

Nous parlons d’une tarification modulée en fonction du niveau de pollution des poids lourds, du nombre de kilomètres parcourus ainsi que du nombre d’essieux. Faire contribuer les véhicules de plus de 3,5 tonnes nous semble une idée pertinente. Elle permettra notamment de ne pas faire porter un trop lourd tribut aux transporteurs plus modestes ainsi qu’aux particuliers.

Le péage de transit poids-lourd suit la même logique que l’éco taxe. Et je crois que cette mesure recevait déjà l’assentiment de la plupart des formations politiques ici représentées. Le péage de transit poids-lourd est également cohérent avec le plan de lutte contre la pollution de l’air que le Conseil de Paris a voté en mai dernier.

Les poids lourds restent  une des sources majeures des émissions dangereuses auxquelles sont exposés plusieurs millions de franciliens. L’objectif de réduction  des émissions au dioxyde de carbone nous impose de contraindre ceux qui polluent le plus et les inciter à modifier leurs comportements.

Nous défendrons donc cette mesure qui, disons les choses, ne nous rapportera pas de sommes considérables. C’est la philosophie générale que nous soutenons et que l’ensemble des groupes, même dans l’opposition, devrait soutenir : encourager, inciter et parfois contraindre pour faire évoluer les pratiques, voilà le chemin que nous devons suivre.

 C’est ce que nous faisons depuis 2001 et c’est ce que nous devons continuer à faire à Paris et au-delà du périphérique. Inciter le report vers les autres modes de transport, ferroviaires ou fluviaux notamment, est d’ailleurs un choix assumé par notre municipalité depuis de nombreuses années.

La ville de Paris ne tergiverse pas.

Même si le gouvernement a un peu plus de mal sur cette question, et nous pouvons regretter l’annonce du report de la mise en place de cette redevance, nous allons envoyer un signe fort et positif et valider la démarche, en attendant qu’elle soit enclenchée.

Mes chers collègues, je vous invite donc à voter favorablement à la proposition qui nous est faite.