Communication sur la politique de santé – Intervention

Madame la Maire, mes chers collègues,

Si elle reste une compétence d’Etat, la politique publique de santé doit trouver dans l’action municipale l’impulsion nécessaire pour assurer une véritable proximité. Les inégalités territoriales sur la santé sont avant tout des inégalités sociales. Nous connaissons le lien entre les inégalités sociales et les inégalités d’espérance de vie, cela a été prouvé par de nombreuses études épidémiologiques.

 Améliorer l’accessibilité aux services de santé : cela doit être le maitre-mot de notre politique. Les obstacles sont nombreux et l’exécutif apporte aujourd’hui des éléments concrets pour répondre à ces enjeux.

 L’obstacle à l’accessibilité est tout d’abord financier. Les plus pauvres, et ADT Quart Monde le confirmait il y a quelques jours lors de la présentation de son rapport annuel, ont toujours d’énormes difficultés à se soigner, les inégalités de santé restent fortes. Concernant la médecine de Ville, la faible part des médecins exerçant en secteur 1 est préoccupante, aussi bien chez les généralistes que chez les spécialistes. Les dernières annonces de l’ordre des médecins et du syndicat des médecins généralistes n’ont d’ailleurs rien pour nous rassurer.

 Et sur ce point, le développement d’une offre alternative, à travers notamment les centres de santé municipaux, est essentiel. Ces centres ont longtemps souffert d’une gestion mal adaptée aux besoins des populations. La sanctuarisation des 6 centres municipaux, leur modernisation et l’extension de leurs horaires est une très bonne nouvelle. L’accompagnement mis en place pour l’ouverture de centres de santé associatifs également.

 Il faut agir à d’autres niveaux et lutter par exemple, contre les dépassements d’honoraires. Nous pourrions d’ailleurs travailler à une meilleure information que celle existante sur ce point, pour que les parisiennes et les parisiens repèrent mieux les médecins pratiquant sans dépassement d’honoraire : la création d’un « répertoire santé » à destination du public, répertoriant l’ensemble de ces praticiens, est une initiative que nous souhaitons à termes être étudiée.

Nous le savons, les actions doivent être abordées en tenant compte des spécificités de chaque territoire, de chaque catégorie de population. La Ville de Paris agit déjà avec volontarisme et ambition sur un ensemble de programmes. Je pense à « Paris Santé Nutrition », qui développe des actions innovantes et ciblées pour des publics particulièrement exposés au danger d’une mauvaise alimentation et disposant de peu de moyens. Nous devons aussi rester ambitieux sur le dépistage des maladies transmissibles. Les initiatives sur la prévention et la lutte contre le VIH doivent, en ce sens être poursuivies. La ville doit continuer à être vigilante et mobilisée sur d’autres sujets et mettre en place des campagnes de communication et de prévention qui soient adaptées, je pense à un sujet qui revient souvent le « Binge Drinking », je pense également pense également à la question de l’obésité et du surpoids qui constitue un vrai sujet de société.

Enfin, la question de la santé environnementale est déterminante pour tous les habitants. Pour faire face à un enjeu particulièrement prégnant sur la capitale, notamment en ce qui concerne la qualité de l’air et ses conséquences, nous devons engager une politique transversale. Une prise en charge de cette question au niveau métropolitain est évidemment nécessaire. Le futur plan parisien de santé environnementale doit impérativement dépasser le périphérique.

Plus globalement, nous pensons que les politiques locales en matière de santé ne doivent pas se substituer à la carence d’une autorité en responsabilité : la ville est un facilitateur pour orienter au mieux l’offre sur le territoire. Nous serons attentifs à la future convention-cadre avec l’AP-HP et espérons que les groupes politiques seront associés en amont de sa présentation prévue au Conseil de Paris en février prochain.

Pour conclure, comment ne pas évoquer la question de la salle de consommation à moindre risque qui fait tant débat. Nous pensions que Madame Kosciusk- Morizet allait faire souffler un vent de modernité sur ses collègues de droite sur ce type de problématique, et bien c’est raté ! Et c’est bien dommage que les conservatismes demeurent à ce point.

L’accès au soin pour tous constitue pour nous une question citoyenne, sociale et environnementale de premier ordre. Et sur ces trois éléments, les engagements de l’exécutif font montre d’une ambition pour les parisiennes et les parisiens, ce que nous soutenons.