Notre voeu en faveur du développement de la formation numérique

Madame la Maire, mes chers collègues,

La Ville de Paris investit fortement dans l’innovation et notamment en ce qui concerne le numérique. Il est devenu un support incontournable de l’information aux citoyens. Du développement des sites d’information de la Ville et des mairies d’arrondissement à la multiplication des applications numériques, l’offre parisienne en la matière constitue une palette large et très riche à destination du public connecté.

Cette démarche connait d’ailleurs un coup d’accélérateur réel depuis cette nouvelle mandature, je pense aux consultations citoyennes qui s’appuient sur le numérique comme le budget participatif. Nous saluons cet effort, qui fait de la Ville de Paris une capitale pionnière.

Face à ce déploiement, il nous faut également faire un constat. Le constat d’une fracture numérique qui même si elle tend à diminuer, est toujours bien présente. Ainsi le CREDOC dans une étude de 2013, présentait les différents aspects de cette fracture. Elle concerne l’accès au numérique, puisque 17% des français n’ont pas d’ordinateur à domicile et 19% n’ont pas accès à Internet. Si Paris est peut-être moins touché par ce phénomène, nous ne pouvons ignorer que certains parisiennes parisiens le sont. Cette fracture numérique est discriminante selon l’âge. Elle est également discriminante selon les revenus, le niveau d’étude et l’isolement.

Ainsi, en raison de la place déjà prise par le numérique dans notre politique d’accessibilité aux services publics et en raison du développement de ce support dans les années à venir, il nous faut agir. Et cette action doit se faire à deux niveaux :

–         tout d’abord, il faut garantir la mise en place d’autres types de supports et de moyens d’information pour que, quel que soient les moyens des parisiennes et des parisiens, ils puissent avoir le même niveau d’information.

–         ensuite, il nous faut développer l’accès et l’apprentissage aux supports numériques à destination des personnes qui en sont démunis.

La Ville de Paris a déjà fait des efforts en ce sens avec la mise en place des 16 espaces publics numériques, mais aussi en subventionnant des associations travaillant avec les publics les plus défavorisés, en développant du libre-service Internet. Cette politique, qu’il nous est proposé de soutenir par cette délibération, ne nous parait pas aujourd’hui adaptée aux réels besoins, elle nous parait trop irrégulière et pas assez lisible. Nous voterons bien sûr la délibération qui nous est présentée aujourd’hui, mais nous souhaitons aller plus loin, comme nous l’avons déjà souligné au Conseil de Paris en juillet dernier.

Notre demande est que la Ville lance une large concertation pour faire évoluer le fonctionnement des Espaces publics numériques et plus largement de la formation au numérique à Paris. L’Inspection Générale avait déjà, en 2010, fait un certain nombre de préconisations à ce propos. L’offre de formation doit être rationnalisée pour être plus utile à toutes et tous.

Ce travail doit se faire en concertation avec l’ensemble des directions qui accueille du public, mais aussi avec les groupes politiques du Conseil de Paris, afin de travailler à un projet véritablement transversal. Nous serons également vigilants aux moyens affectés à cet objectif de mener une politique innovante dans son approche et à vocation intergénérationnelle.