Notre intervention en faveur de la charte du nouveau budget participatif

Madame la Maire, mes chers collègues,

La crise de confiance envers l’action publique est une réalité qui touche aujourd’hui beaucoup de nos citoyens. Instances décisionnaires peu lisibles et lointaines, dossiers et projets complexes et longs dans leur mise en œuvre : l’action des institutions publiques n’est pas toujours visible et compréhensible. Et ce constat touche également les projets parisiens.

La ville de Paris mène depuis 2001 un certain nombre d’actions en faveur d’une démocratie plus participative. Je pense aux conseils de quartiers, aux nombreuses réunions de concertation dans les arrondissements notamment. Les élus et les services font d’ailleurs, un travail essentiel de pédagogie et d’explication des projets sur le terrain.

Mais cela ne suffit plus, les parisiennes et les parisiens attendent une nouvelle étape, et nous devons faire confiance à leur expertise et à leur créativité. Il faut que les habitants prennent réellement part aux projets qui ont des répercussions sur leur vie quotidienne, qu’ils puissent devenir des acteurs et non plus seulement des spectateurs de la décision publique. Il faut redonner aux citoyens leur place dans le processus démocratique au-delà des échéances électorales.

Pour répondre à cette nécessité, il nous fallait être ambitieux et innovants. C’est, à mon avis, les qualités du projet qui nous est présenté aujourd’hui. Il est ambitieux tout d’abord, car 5% du budget d’investissement de la Ville de Paris y sera consacré, ce qui est un niveau sans précédent. D’autres moyens y seront également attachés, avec des équipes municipales mobilisées spécifiquement. En outre, la possibilité de développer un budget participatif au niveau des arrondissements est essentielle. Cela permettra au projet de réellement entrer dans les habitudes à tous les niveaux de l’administration parisienne. Nous espérons d’ailleurs que chacune des mairies d’arrondissement mobilisera ses capacités créatrices en y participant dès cette année.

Les modalités de mise en œuvre du budget participatif sont également ambitieuses. Elles vont permettent en effet à chaque parisienne et à chaque parisien de participer aux différentes étapes de son élaboration. Et cela est important pour faciliter l’accès du plus grand nombre.

Les actions d’information, de sensibilisation et de formation des habitants qui souhaitent s’investir pour déposer un projet est, à ce titre, le signe d’une volonté forte en la matière. Nous avons cependant quelques interrogations sur des points particuliers du dispositif :

–      Au-delà de l’organisation de ces rencontres, dans des lieux variés, pourront-elles se tenir à des horaires décalés ?

–      En outre, si la plate-forme électronique unique est bien sûr intéressante, il faudra qu’une mise à disponibilité de l’outil numérique ainsi qu’un accompagnement soit possible dans un certain nombre d’équipements municipaux,

–      Il manque également des éléments pour répondre à l’attention particulière qui doit être portée à la participation des jeunes : quelles modalités de mise en œuvre dans la phase d’élaboration sur ce point ? Quels services ou institutions pourront être mobilisés pour atteindre cet objectif ?

Nous espérons que l’exécutif, nous apportera des éléments concrets de réponses sur ce point important de l’accessibilité du projet au public le plus divers possible. Enfin, les modalités présentées concernant la partie « vote » des projets, expérimentée en octobre dernier nous satisfont à plusieurs titres : public en capacité de voter, outils de vote à la fois numériques et physiques, accompagnement en local de la présentation des projets.

Ainsi, les élus du groupe Radicaux de Gauche Centre et Indépendants voteront, vous l’avez compris, pour la délibération qui nous est présentée aujourd’hui.