Intertvention de Buon-Tan – Budget primitif 2015

Madame la Maire, mes chers collègues,

Le groupe « Radical de Gauche, Centre et Indépendants » souhaite souligner l’importance du premier budget de cette mandature.

Nous notons avec satisfaction que des solutions ont été trouvées avec l’Etat pour sortir des difficultés budgétaires. L’Etat est un partenaire sérieux, avec lequel nous devons être à la fois exigeants et constructifs. Je souhaite évoquer un certain nombre de points du budget ainsi que présenter les amendements que le groupe RG-CI a souhaité soumettre à la discussion de notre conseil.

Tout d’abord nous nous réjouissons des 130 millions d’économies sur le fonctionnement courant.

L’optimisation de nos dépenses constitue un objectif incontournable d’une collectivité qui vit sainement, qui sait s’adapter au contexte économique sans atteindre ni la qualité du service rendu à ses administrés, ni les conditions de travail de ses salariés. Sur cette démarche, nous tenons à saluer le travail effectué et appelons à accentuer l’effort, mais je crois que cela est prévu, pour les années à venir.

Concernant la stabilité fiscale : c’est un engagement pris, c’est un engagement tenu. La taxe foncière, la taxe d’habitation, la CVAE et la CFE n’augmentent et n’augmenteront pas. C’est un point qu’il faut rappeler, c’est la preuve que nous tenons et nous tiendrons nos engagements.

Pour ce qui est des principaux pôles sur lesquels la ville va investir en 2015, le logement est réaffirmé comme notre priorité numéro 1. C’est un sujet que nous devons tous soutenir. Il faut le faire, c’est notre responsabilité qui est engagée sur ce dossier et l’union de notre majorité repose notamment sur ce point.

Concernant l’urbanisme, l’innovation, nos espaces verts ainsi que la propreté, en fait tout ce qui constitue notre espace public, nous nous réjouissons que tous ces aspects constituent les axes forts de notre investissement. Les aménagements de voirie apparaissent aujourd’hui comme indispensables tant notre chaussée est parfois endommagée. Concernant le commerce et l’artisanat, les 2 millions consacrés à la SEMAEST sont une bonne chose.

Le travail effectué par cette société est apprécié, le dispositif « Vitalquartier » unanimement salué. Nous ne l’avons pas porté dans le cadre budgétaire, mais son déploiement, nous l’avons déjà dit, doit se poursuivre car il constitue une méthodologie et un savoir-faire concret qu’il nous faut démultiplier. Sur la solidarité, le budget de la ville demeure très important avec des dépenses obligatoires qui ne faiblissent pas. La ville doit répondre à des demandes malheureusement toujours aussi fortes.

Au-delà de ce qui est fait, reste à identifier, pour le futur, ce qu’il reste à faire. L’exécutif va devoir travailler à combler ce qui pourrait être qualifié d’anomalies.

Je pense par exemple au régime dérogatoire des directrices et directeurs d’école qui ne sont pas tenus d’enseigner à Paris : cela coûte 20 millions d’euros par an à la ville au détriment d’une offre scolaire améliorée. Je pense également, au fonctionnement de la carte Senior + qui coûte beaucoup à la ville et sur laquelle il y a nécessité à revoir les critères d’attribution qui aujourd’hui n’existent pas.

Paris contribue financièrement à un nombre très important d’associations ou de fédérations nationales, sans que le bénéfice et les retombées pour les parisiennes et les parisiens ne soient franchement évidents. Je n’ai pas peur de dire que dans certains cas, il nous faut fermer le robinet de la dépense non justifiée.

Nous avons, parallèlement à ces alertes, déposé plusieurs amendements afin mettre en lumière des propositions qui pourraient être utiles et qui sont attendues.

D’abord, nous plaidons pour que la ville de Paris reprenne en main la question de l’affichage de libre expression. C’est une demande qui revient fréquemment dans les discussions de notre conseil, et cela constitue un vrai sujet car nous ne répondons absolument pas à ce qu’exige la loi en la matière. Voilà pourquoi nous portons cette demande d’un budget dédié, à hauteur de 100 000 euros, afin d’offrir quelques nouveaux espaces et surtout remettre concrètement le sujet sur la table. Les associations et partis politiques sont très demandeurs.

Un autre de nos amendements porte sur l’aide aux associations à la recherche de locaux et lieux pour se réunir. La recherche de lieux disponibles constitue bien souvent pour les associations parisiennes un parcours du combattant. Nous proposons la création d’un site collaboratif dédié, recensant les locaux disponibles pour permettre aux associations pour leurs réunions, formations, conférences, ou événements divers. Les associations y indiqueraient leurs espaces de partage et les créneaux horaires disponibles, quand d’autres y posteraient leurs critères de recherche, dans une démarche de mutualisation des espaces existants. Nous souhaitons un site qui soit dans le même esprit que locaux-paris.fr, permettant aux entreprises d’avoir accès à l’offre des bailleurs notamment.

Enfin, nous souhaitons que soit réactivé l’observatoire parisien de la laïcité et qu’il soit doté de moyens significatifs pour mener à bien sa mission de travail sur les questions liées au respect de la loi de 1905. Nous ne voulons pas d’un observatoire qui ne soit qu’un lieu de discussion mais plaidons pour qu’il soit actif, visible, et que ses préconisations soient valorisées et diffusées.

Mes chers collègues, comme vous le voyez nous portons des demandes raisonnables afin de répondre aux attentes des parisiennes et des parisiens. Le budget primitif qui nous est proposé pour l’année 2015 constitue un premier pas intéressant qui pose le cadre qui animera l’action de notre majorité. Certaines dépenses de fonctionnement notamment, devront, selon nous, à termes être atténuées, nous vous y encourageons et vous aiderons sur cette route.

Voilà mes chers collègues nos observations sur le budget primitif qui nous est proposé.