Intervention de Jean-Bernard Bros – Budget Primitif de la Ville de Paris 2015

Madame la Maire, mes chers collègues,

Plus que symbolique, la séance budgétaire revêt pour l’ensemble des élus de notre Conseil un moment de vérité. Ce moment de vérité tient au dévoilement des intentions de l’exécutif pour l’année à venir et du le bilan de l’action de l’année passée. C’est l’occasion pour les groupes politiques de porter publiquement leurs satisfactions, leurs inquiétudes ainsi que leurs attentes et préconisations.

Le budget qui nous est présenté, et mon collègue Buon Tan interviendra plus longuement sur ses différents aspects, permet de rendre public ce que sera l’année 2015 pour Paris.

Le contexte global si particulier que nous connaissons, avec la dotation de l’Etat qui diminue et la péréquation qui augmente, a obligé l’exécutif à initier un plan d’économie volontariste et à rationaliser une partie de ses dépenses : nous saluons cette démarche que nous encourageons à accentuer. Sans remettre en cause la qualité de notre service public, nous pouvons faire aussi bien, si ce n’est mieux, tout en étant économes.

Je note, mais je fais partie de ceux qui n’en ont jamais douté, que nous pouvons travailler en bonne intelligence avec l’Etat car des solutions et des compromis existent quand nos demandes ont du sens: je pense ici à la taxe sur les résidences secondaires et également à la taxe de séjour. Rien ne sert donc d’entreprendre une démarche de défiance vis-à-vis du gouvernement, démarche dans laquelle, sur les bancs de gauche, nous sommes beaucoup à ne pas nous retrouver.

Ce budget primitif est porteur d’espoir car nous avons encore une grande marge, et c’est rassurant, pour renforcer nos recettes, en étant plus regardant par exemple sur nos DSP, les Sem ou les conventions d’occupation de l’espace public. Nous pouvons aussi limiter certaines dépenses, et il y en a, je pense notamment à celles qui ne bénéficient pas directement aux parisiennes et aux parisiens.

La baisse des dotations n’a je crois pas vocation à s’atténuer, ni même le niveau de la péréquation : le budget 2015 comprend donc des contraintes avec lesquelles nous allons devoir encore composer. Un équilibre devra encore être trouvé, mais, et même si elles se réduisent, il existe encore des marges.

La dette est un sujet de préoccupation que nous nous refusons de minorer car elle impactera nos générations futures. C’est une réalité. Il faut la dompter au mieux et ne pas prendre le chemin glissant d’une fuite en avant qui serait immanquablement dommageable pour le Paris de demain. Sans tirer à boulets rouges comme le fait l’opposition, je souhaite néanmoins appeler à la vigilance.

Un mot d’ailleurs sur le contre-budget proposé par l’UMP. Au fond, cette démarche équivaut à ne pas reconnaitre que la ville à une Maire, des adjoints, des services qui travaillent à présenter un budget pour les parisiennes et les parisiens. Plutôt que de porter des propositions ou des amendements constructifs, l’UMP propose un contre budget dans une démarche politicienne qui ne vise que l’affichage et la communication. C’est dommage.

Madame la Maire, mes chers collègues, le travail de notre majorité nécessite écoute, franchise et esprit de rassemblement. Notre collectivité a un rôle particulier, l’exigence, lorsque l’on est élu de Paris, est peut être plus forte qu’ailleurs. Nous devons, au moment de nos choix, être guidés par ce qui renforcera la qualité de vie de l’ensemble des parisiens.Nous avons, car les attentes sont fortes, une obligation de résultat et je crois que nous en prenons le chemin.