Adoption du PLH modifié au Conseil de Paris

Madame la Maire, mes chers collèges,

Depuis que notre majorité est aux responsabilités, le logement constitue la priorité des priorités. Nous l’avons dit et répété, et confirmé en décembre dernier avec le plan d’investissement pour la mandature qui donne un cap historique au logement à Paris. Produire du logement, améliorer l’offre existante, la décupler, trouver des mécanismes qui permettent de nous dégager des marges de manœuvres, voilà ce que l’exécutif met en place depuis bientôt un an.

Je dois reconnaitre que, depuis ce début de mandature, nous avons le réel sentiment que les propositions que nous portons, les suggestions que nous émettons, sont entendues et prises en considération par l’adjoint en charge du logement. C’est un échange franc et constructif qui s’est installé et jusqu’à présent, ce format nous convient.

 Le PLH qui nous est proposé reprend et développe ce que nous mettons en place depuis avril, il est en ce sens cohérent avec nos engagements et les objectifs de la mandature. Ce PLH permet une remise à niveau, au regard des évolutions comprises dans la loi Duflot, et permettra d’atteindre 25% de résidences principales en logement social à horizon 2025 et non plus 20 comme c’était le cas précédemment. Des leviers puissants vont être utilisés, comme par exemple l’acquisition d’immeubles privés.

 Le type de logements produit va également évoluer, les ¾ seront des logements familiaux, preuve s’il en est que notre majorité aime ses familles et qu’elles sont essentielles à l’équilibre d’une ville qui vit. Une de nos satisfactions est la place faite aux actions en faveur du logement des classes moyennes. Le dispositif Multiloc permettra de capter des logements privés pour développer l’offre intermédiaire tout en sécurisant les propriétaires. Cet outil constitue vraiment un dispositif à développer, valoriser et faire connaitre.

C’est un service qui sera très utile, assurément apprécié des parisiennes et des parisiens, sans trop peser dans le budget de la ville ce qui n’est pas anodin. Nous avons encore quelques craintes sur la pré-emption dans le diffus à grande ampleur et préférons la prudence du cas par cas, au regard de l’opportunité économique des opérations proposées : j’avais d’ailleurs personnellement fait part de ce point de prudence à Ian Brossat en marge du précédent débat.

Sur les conditions d’accès au logement social, nous avons déjà beaucoup évoqué le sujet, mais je crois que le système de cotation est un dispositif dont Paris avait vraiment besoin. Peut-être qu’il sera nécessaire d’ici quelques mois d’avoir un retour sur la grille des critères, peut être les revoir selon leur pertinence après quelques mois d’expérimentation. Monsieur l’adjoint, c’est une suggestion que je vous fais.

Concernant la mutation au sein de notre parc social, nous avons une vraie marge de progression car les résultats ne sont pas encore satisfaisants. Vous connaissez les alertes qui vous sont régulièrement remontées à ce sujet.

Enfin, un point très important, à Paris plus qu’ailleurs vu l’âge de nos immeubles, la question des mises aux normes énergétiques et leurs nouveaux objectifs afin d’adapter le parc de logements aux exigences du plan climat énergie. La Ville ne peut plus passer outre l’accompagnement des copropriétés privées.

Il y a une prise en compte indiscutable mais peut-être encore des pistes à explorer, mon groupe portera prochainement des propositions à ce sujet. Un dernier point, pour finir mon propos, sur la question métropolitaine qui n’est à notre goût pas encore assez visible et explicite sur ce plan. Certes, nous parlons d’un plan parisien, mais il eut été judicieux d’étoffer et de préciser les initiatives que la ville compte porter : nous sommes regardés, notre action est saluée, ce qui nous donne une responsabilité énorme au regard de nos voisins.

Mes chers collègues, à un moment où nombre de municipalités, notamment franciliennes, trainent des pieds pour étoffer l’offre de logement social, la ville de Paris répond présente. Soyons modestes car au fond, nous ne faisons que mettre en place des dispositifs qui nous permettrons de respecter la loi. Mais je crois que c’est déjà beaucoup et il faudra assurément maintenir ce volontarisme.

 Investir sur le logement est de notre devoir en tant que première ville de France, en tant que ville dirigée par la gauche et qui regarde l’avenir avec l’ambition de répondre au défi du logement. Mes chers collègues, les élus du groupe RG-CI voteront donc le plan local de l’habitat qui nous est proposé car il constitue une avancée et fixe un cap dans lequel nous nous retrouvons.

Je vous remercie.