Ces élus de gauche veulent des ouvertures le dimanche

le parisien

 

 

 

Alors que le sujet est en discussion à l’Assemblée nationale, dans le cadre du projet de loi Macron, un rapport commandé par l’Hôtel de Ville sur les ouvertures de magasins le dimanche doit être présenté lundi au Conseil de Paris. Ses conclusions, très défavorables à de nouvelles autorisations, sont loin de faire l’unanimité à gauche. Actuellement, il n’existe dans la capitale que sept zones dites « touristiques », où les boutiques peuvent ouvrir sept jours sur sept.

Dans le Marais

Pierre Aidenbaum, le maire (PS) du IIIe, est favorable à l’extension dans son arrondissement de la zone touristique du Marais. Limitée à la rue des Francs-Bourgeois et à la place des Vosges, elle pourrait s’étendre entre la rue Vieille-du-Temple et la rue du Poitou. Ce secteur communément appelé le Haut-Marais, est d’autant plus prisé des Parisiens et des touristes qu’il vient d’hériter d’une nouvelle locomotive : le musée Picasso restauré. Le maire (PS) du IVe, Christophe Girard, souhaite également une extension dans la zone Marais mais, lui, jusqu’à la rue des Archives pour englober le BHV et relancer ainsi le grand magasin en difficulté.

Les Champs-Elysées

Président du groupe PRG au Conseil de Paris ,Jean-Bernard Bros est le conseiller de Paris de gauche le plus libéral sur la question de l’ouverture dominicale. Adjoint chargé du tourisme pendant la précédente mandature, il se bat notamment pour l’extension de la zone touristique des Champs-Elysées. Cette dernière est appelée à devenir, dans le cadre du projet Macron, une « zone touristique internationale », où les magasins pourront ouvrir le dimanche, mais également le soir après 21heures. Les boutiques de haute couture, les joailliers, les galeries d’art et les antiquaires des rues François Ier, Montaigne, Saint-Honoré et Faubourg Saint-Honoré pourraient ainsi ouvrir leurs portes sept jours sur sept à la clientèle fortunée des palaces et des hôtels cinq étoiles du secteur.

Les grands magasins et Montmartre

Peu d’avocats au sein de la gauche parisienne pour défendre la création, comme le souhaite le gouvernement d’une « zone touristique internationale » dans le secteur des grands magasins du boulevard Haussman. Pour Christophe Caresche, député PS, c’est pourtant « une évidence ». Cette mesure « permettrait d’optimiser les capacités d’achat des touristes, et de créer des emplois ». Les Galeries Lafayette ont déjà fait les comptes. L’enseigne estime que l’ouverture de son vaisseau amiral le dimanche se solderait par une hausse de 5 à 7% de son chiffre d’affaires annuel – soit 100M€ supplémentaires – et la création de 1000 emplois.

Christophe Caresche réclame aussi une extension de la zone touristique de Montmartre. L’élu du XVIIIe souhaite que le périmètre soit étendu à la rue des Abbesses et au bas de la rue Lepic, un secteur où les boutiques qui ouvrent sans autorisation le dimanche attirent de nombreux clients. « C’est une zone touristique de fait depuis des années, et personne n’y retrouve rien à redire. Il faut mettre un terme à l’hypocrisie », estime le député.

Bercy Village

Jean-Louis Missika, l’adjoint (app. PS) multicasquette d’Anne Hidalgo, élu du XIIe, est favorable à la création d’une zone touristique dans le secteur Bercy Village. Une position prise « à titre personnel », insiste ce proche de la maire de Paris qui n’a pas envie de provoquer un clash avec les élus de gauche de son arrondissement majoritairement hostiles à cette idée. Jusqu’à récemment, les commerces de Bercy ouvraient le dimanche. Mais sans autorisation. L’inspection du travail s’en est mêlée, contraignant les enseignes à obtempérer les unes après les autres. Depuis, seuls les restaurants (nombreux) et le cinéma sont ouverts sept jours sur sept.

Chinatown

Pour Jérôme Coumet, le maire (PS) du XIIIe, pas de doute : le quartier chinois doit être classé en zone touristique. Dans ce secteur délimité par les rues d’Ivry, de Choisy et le boulevard Masséna, c’est l’effervescence le dimanche. Les Asiatiques – touristes, banlieusards et parisiens – et les curieux en quête d’exotisme déferlaient dans ce Chinatown pour faire leurs courses, avant de se retrouver en famills ou entre amis dans les nombreux restaurants du quartier. Mais, là encore, les menaces répétées de l’Inspection du travail et les premières sanctions financières ont obligé les commerçants, dès le printemps 2011, à ne plus lever le rideau le dimanche ou à le baisser à 13 heures pour les magasins alimentaires, conformément à la loi.

Chrisiten Henry – Le Parisien – édition du 7 février 2015

 

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