Femmes victimes de violences conjugale : accueil et relogement

Madame la Maire, mes chers collègues,

Les violences faites aux femmes sont un véritable enjeu de société qui nous concerne tous. Ce phénomène intolérable, touche malheureusement des femmes de tout âge, de toute catégorie sociale et de toute origine.

Ces violences furent pendant longtemps ignorées, minorées, notamment en ce qui concerne les violences conjugales qui se passait à l’intérieur des murs du domicile et relevait, disait-on, de la sphère privée.

Il aura fallu malheureusement du temps pour voir un changement des mentalités se faire. Il aura fallu du temps pour créer les conditions qui permettent de connaître ce phénomène et que des réponses publiques, juridiques puissent voir le jour. Ces changements progressifs ont permis de faire de la lutte contre ces violences un véritable objet de prise en charge de la puissance publique.

 Ainsi, les membres du groupe RG-CI souhaitaient tout d’abord rendre hommage à toutes les associations, à tous les agents publics des collectivités, de la justice, des services de police ou des services sociaux qui ont milités contre les violences faites aux femmes, et ont permis la reconnaissance de la spécificité de ces violences.

 La Ville de Paris a pris toute sa part dans cette lutte, et ce, depuis de nombreuses années. Elle soutient des associations d’accueil et d’aide aux victimes, mais aussi celles qui font un travail de prévention. De nombreux agents d’accueil de notre administration ont été formés afin de mieux repérer ces situations et d’orienter au mieux les victimes. La coordination entre les services concernés est aussi un travail de l’ombre nécessaire que la Ville a su mener.

 Beaucoup de choses ont été faites, mais beaucoup restent encore à faire. Nous déposions d’ailleurs le mois dernier un vœu sur la question de la maltraitance des personnes âgées approuvé par notre conseil afin de sensibiliser le public et les professionnels : la démarche du groupe communiste nous donne l’occasion de nous rappeler également à cette réalité.

Le nombre de places, d’hébergement ou de relogement, sont encore largement insuffisants au vu de l’ampleur du phénomène. L’éviction du conjoint violent du domicile, s’il est possible, reste compliquée. La variété des situations rend également complexe la réponse à apporter par la collectivité.

Le développement d’une étude dédiée à ces problématiques nous paraît donc nécessaire pour mieux comprendre et répondre aux besoins des victimes de violences conjugales.

Il est vrai que cette proposition prendra du temps, et pour répondre à l’urgence actuelle, nous saluons également les mesures pour une meilleure prise en compte de cette situation dans le système de cotation du logement social mais aussi par la réservation de places spécifiques au sein des résidences sociales.

Ainsi, pour toutes ces raisons, nous voterons pour la délibération qui nous est proposée.