Plan de lutte contre la pollution : intervention au Conseil de Paris

Mes chers collègues,

 Le plan de lutte contre la pollution et les premières délibérations qui en impulsent la dynamique arrivent donc à notre Conseil de Paris. Ce qui est en jeu, c’est une évolution notoire de nos comportements et de nos habitudes, notamment en termes de déplacements. Ce cadre global, posé par la Maire de Paris, réaffirmé par l’exécutif parisien, nous le partageons car il fixe un cap qui s’inscrit dans le sens de l’Histoire, dans le sens de ce que doit être une grande métropole dans le futur.

 La lutte contre la pollution est un enjeu de société qui nous oblige à des décisions qui soient à la fois ambitieuses et efficaces, s’inscrivant dans une vision à long, voir, à très long terme. Un des enjeux, est que les décisions qui seront prises par notre Conseil soient comprises par les parisiennes, les parisiens et au-delà par les franciliens. Si nous, n’arrivons pas à faire comprendre l’enjeu de santé publique nécessitant un véritable changement de nos modes de déplacements aux citoyens, nous aurons manqué une étape importante de ce combat qui s’inscrit pour les décennies à venir. La pédagogie autour de la lutte contre la pollution est une démarche absolument essentielle et nous ne devons pas en faire l’économie. C’est d’ailleurs le sens d’un des vœux que nous déposons.

Madame la Maire, la fin du diesel à Paris à l’horizon 2020 est un cap que le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants soutient. La graduation, dans le temps et selon les émissions des véhicules, qui sera confirmée par la loi, nous parait être la bonne méthode, en réalité la seule qui vaille. Nous nous réjouissons de ne pas voir apparaitre dans ce plan certaines idées qui avaient tendance à inquiéter, je pense par exemple à la réservation unilatérale de certaines voies, et ce, dès cet été. Vous avez ici fait preuve de lucidité sur ce qu’attendent nos concitoyens.

 L’avis des parisiennes et des parisiens semble, en tout cas pour le moment, sans appel. 78% d’entre eux approuvent l’interdiction de circulation des cars et des poids lourds polluants à partir de juillet 2015, quand 54% des franciliens sont favorables à l’interdiction de circulation des véhicules diesel d’ici 2020, et même 65% des parisiens. Et puis, les avis et plus concrètement les comportements évoluent, les chiffres l’attestent : la part du diesel dans les ventes en France passe de 73% en 2012 à 59% début 2015. Tout ceci doit nous conforter dans la démarche que nous engageons.

Madame la Maire, nous l’avons toujours porté, l’augmentation de l’offre et de la qualité du transport public doivent constituer l’axe central de notre action car c’est en offrant des mesures fonctionnelles que nous pourrons influer sur les habitudes de déplacement des parisiens.

 En ce sens, et même si nous n’avons pas déposé de vœu à ce sujet, nous réitérons notre attente forte en faveur de la circulation du métro la nuit sur certaines lignes. Je sais que c’est une demande défendue par Paris au sein du STIF. C’est une demande qu’il faut absolument continuer de porter car elle est décisive et attendue par les parisiens, qu’ils soient professionnels, travailleurs, noctambules ou visiteurs de notre ville.

Ensuite, quelques mots sur les vœux que nous portons : pas un mot n’est dit dans cette communication sur la question des véhicules de tourisme avec chauffeurs, les VTC et c’est le sens de deux de nos vœux.

Je sais que c’est un sujet compliqué, mais tout de même. Les VTC sont utiles et répondent à un besoin. De plus, avec leur développement, c’est à la fois une amélioration de l’offre de transport et aussi des emplois qui sont créés. Nos demandes sont simples : pourquoi ne pas soutenir financièrement la reconversion de la flotte actuelle en véhicules propres comme la Ville de Paris le fait avec les taxis ? Ces mesures seraient un soutien aux conducteurs et non à Uber, comme certains le pensent.

 Pourquoi ne pas porter également l’exigence, à compter, par exemple de l’année prochaine, de n’attribuer les autorisations de travail qu’aux conducteurs détenteurs de véhicules propres ? Cette demande pourrait également être valable pour les taxis parisiens qui renouvellent trop doucement encore leur parc automobile.

Ce sont des propositions de bon sens et qui s’inscrivent dans une vision à long terme, en accompagnant ce service en plein développement à prendre une responsabilité écologique et environnemental.

Une de nos autres propositions porte sur les deux-roues motorisés qui sont les grands absents de cette communication. Ces véhicules sont plus polluants que les voitures et leur nombre ne cesse de grandir à Paris. Quelles sont les mesures d’accompagnement proposées pour que leur utilisation évolue ? Nous n’en voyons aucune pour le moment.

Nous remettons donc sur la table la proposition des scooters électriques en libre-service qui constituent, selon nous, une opportunité exceptionnelle pour Paris et au-delà, une nécessité. Nous avions demandé une étude sur la question, principe voté en septembre 2014 : nous demandons ainsi qu’elle soit présentée rapidement au conseil de Paris et qu’elle puisse faire l’objet d’un débat.

Toujours dans cette démarche d’ajouter d’autres par des mesures incitatives à ce plan, nous proposons un coup de pouce aux jeunes actifs, avec un amendement pour que l’abonnement Autolib soit offert aux nouveaux conducteurs de moins de 30 ans. Je crois d’ailleurs que l’exécutif a été sensible à cette demande.

Le parc roulant n’est pas le seul levier sur lequel nous devons agir pour aller vers davantage d’éco-responsabilité. Les espaces logistiques en ville doivent être développés afin de réduire les kilomètres parcourus par les marchandises. Mieux encadrer la circulation des flux de marchandises dans Paris, et utiliser des véhicules adaptés à la ville pour la distribution permet de réduire les émissions de CO2. D’autres moyens d’acheminement que la route doivent être envisagés plus amplement. Le fret ferroviaire a quasiment disparu aujourd’hui, mais les infrastructures sont là, notre groupe portera d’ailleurs prochainement des propositions.

Et puis, avec tous les efforts menés par notre collectivité, il nous faut initier une démarche métropolitaine forte. En Ile de France, et c’est bien normal, il y a beaucoup d’appréhensions par rapport aux décisions prises par le Conseil de Paris.

 Il est vrai que le maillage des transports publics n’est pas aussi dense dans le reste de l’Île de France. Disons les choses, ne pas utiliser la voiture s’avère difficile, voire impossible, notamment pour les familles et les professionnels. Nous devons donc agir dans une démarche globale. Mais je sais l’exécutif déterminé à lever les craintes et mener une concertation en profondeur avec les communes limitrophes pour amplifier cet effort.

 Le mois prochain nous étudierons les mesures proposées pour les artisans et les professionnels parisiens et franciliens : notre groupe sera très attentif à ne pas nuire au développement économique et à l’attractivité de notre territoire.

Mes chers collègues, la démarche que l’exécutif initie est courageuse et s’inscrit, c’est notre conviction, dans le sens de l’Histoire. Il reste beaucoup de choses à faire, des compléments à apporter, mais le chemin emprunté est définitivement le bon et nous nous réjouissons de la méthode choisie par la Maire de Paris.

Les membres de mon groupe apportent ainsi leur soutien à la démarche de l’exécutif et aux premières mesures proposées pour lutter contre la pollution atmosphérique.

Je vous remercie.