Notre voeu de soutien aux victimes des Khmers rouges

Madame la Maire, mes chers collègues,

Le régime des Khmers rouges, qui contrôla le Cambodge de 1975 à 1979, fut l’un des régimes les plus meurtriers de l’Histoire de l’humanité. Environ 1,7 million de personnes furent tuées par suite de faim, de torture, d’exécution et de travaux forcés.

Pour poursuivre les responsables de ces nombreux crimes, dont certains sont toujours en vie, un tribunal spécial et indépendant a été créé. Porté conjointement par l’ONU et l’Etat cambodgien, ce tribunal, appelé Chambres extraordinaires au sein des Tribunaux Cambodgiens, a été mis en place à partir de 2007. Lors de la création de ce tribunal, alors qu’elles étaient autorisées à participer au procès, aucun fond n’avait été prévu pour la représentation des victimes du régime.

C’est pourquoi, Avocats sans frontière, sollicité par des associations locales, s’est mobilisé pour recueillir les plaintes des victimes et constituer les dossiers des parties civiles. A l’issue de l’instruction, plus de 4000 victimes ont pu se porter parties civiles dont 1250 grâce à Avocats sans frontière.

Cependant des difficultés financières ont obligé l’association à se retirer du projet fin 2013. Mais face à l’important travail qui avait été engagé, des juristes et avocats ont décidé de poursuivre, à leur frais, la défense des victimes qu’ils avaient soutenu jusqu’à lors. Ils ont ainsi créé l’association « Défense sans frontières –Avocats solidaires ».

Malgré cet engagement personnel de professionnels bénévoles, le risque est grand que les coûts de cette action ne deviennent insupportables pour chacun.

La Ville de Paris a un rôle non-négligeable sur le plan international. Elle a aussi une responsabilité, en tant que Ville monde, accueillant au-delà de nos frontières, et défendant les valeurs de liberté et de démocratie.

Nous avons, je le pense, un devoir moral d’aide aux victimes. Car à travers leur respect et notre soutien, c’est le travail de mémoire qui est en jeu, pour les victimes et les nombreux réfugiés arrachés à leur vie au Cambodge et dont certains trouvèrent refuge en France.

Ainsi, nous demandons à ce que le Conseil de Paris attribue une subvention de 30.000 euros dans le cadre des activités de l’association engagée dans le procès des anciens responsables du régime des Khmers rouges.