Plan égalité femmes – hommes, intervention en séance

Madame la Maire, mes chers collègues,

La journée internationale des droits des femmes, le 8 mars dernier, est venue nous rappeler que l’égalité entre les femmes et les hommes, dans notre pays et au-delà de nos frontières, demeure un combat de chaque instant. Et nous le savons, sans volonté politique forte, les actions que nous pouvons déployées sont vaines.

A ce titre, la Ville fait preuve, en présentant pour la première fois un plan global, d’une exemplarité certaine. Depuis 2001, des actions concrètes ont été mises en œuvre : création d’un Observatoire de l’égalité femmes-hommes, actions de sensibilisation à destination des collégiens qui sera étendues aux lycéens, diagnostic sur les inégalités professionnelles au sein des services de la Ville, réseaux locaux de lutte contre les violences faites aux femmes et contre la prostitution.

Vous me pardonnerez de ne pouvoir citer l’ensemble de ces mesures au vu du temps qui m’est accordé. Leur poursuite est nécessaire, et de nouveaux engagements doivent être pris.

Je souhaitais souligner plus particulièrement l’engagement de la Ville en ce qui concerne l’égalité professionnelle, notamment dans le domaine de la culture, et la place des femmes dans l’espace public.

Tout d’abord, la Ville, en tant qu’employeur, a fait preuve d’une exemplarité certaine, notamment dans la féminisation des filières et de l’encadrement au sein de ses directions. Et je pense ici plus particulièrement à la DAC. Et en tant qu’élue du 3ème arrondissement, je suis fière, de voir deux femmes prendre la tête du Carreau du Temple aujourd’hui. La compétence n’a pas de sexe, faut-il le répéter. Grâce au combat de nombres de femmes, dont je salue ici l’action, la mixité dans le domaine culturel a pu évoluer.

En dix ans, des progrès sont notamment intervenus dans la gouvernance des institutions culturelles. Puisque si aujourd’hui 20% des conseils d’administrations sont dirigés par des femmes, aucun ne l’était il y a dix ans. Mais tout de même, 20% ! Je crois qu’il nous reste là une certaine marge. La politique volontariste de la Ville a permis également de faire évoluer le nombre de femmes à des postes d’encadrement au sein de la DAC. A titre d’exemple, dans l’encadrement intermédiaire, les postes occupés par des femmes sont passés de 23% à 63%.

Le deuxième point que je souhaitais souligner concerne la place des femmes dans l’espace public. La ville, de nombreuses études le montre, est moins accueillante pour les femmes, qui en ont un usage différent. Ainsi elles se déplacent plus rapidement que les hommes et, passée une certaine heure, elles fuient l’espace public. Des mesures concrètes doivent être proposées pour agir sur ce constat en agissant notamment sur l’aménagement urbain.

Souvent pensés par et pour les hommes, nous devons réinterroger les espaces partagés pour que chacun puisse y évoluer positivement. Il serait un point d’ailleurs que notre municipalité pourrait faire évoluer. Il s’agit de la place des femmes dans les jurys d’architecture qui est minoritaire aujourd’hui. Là aussi, une plus grande mixité permettrait d’enrichir les regards sur la Ville et les choix qui en découlent. En effet, les rues de nos villes, en raison de l’histoire, de l’éducation, des carcans moraux, provoquent un sentiment de menace, d’insécurité pour de nombreuses femmes contre lequel il faut lutter.

Le harcèlement de rue, largement accepté jusqu’à maintenant, renforce ce sentiment que les femmes n’ont pas leur place dans la rue. A ce titre, je salue le déploiement d’une campagne de communication contre le harcèlement de rue proposée par le Conseil de la Jeunesse.

La visibilité des femmes se jouent donc dans la rue, mais aussi dans le domaine de la mémoire et de nos représentations communes. Il nous faut promouvoir plus largement des modèles d’identification pour les générations futures. Dans le domaine culturel, là aussi, la visibilité des femmes a évolué avec la mise en avant d’artistes exceptionnelles trop souvent oubliées. Il n’était que justice qu’elles retrouvent leur juste place.

Plus largement les grandes figures féminines qui ont fait notre Histoire, doivent aussi être valorisées. La dénomination de lieux, de rues est essentielle. Et il nous faut continuer cet effort en développant des outils de médiation culturelle pour valoriser le parcours de personnalités d’exception, et je pense à Olympe de Gouges, Cécile Brunschvicg et tant d’autres dont l’action peut encore aujourd’hui nous inspirer.

D’autres modèles positifs, cette fois dans le présent, sont aussi à valoriser. Je pense là au sport, qui est encore un bastion où la place des femmes est à conquérir. Le travail prévu sur le sport féminin de haut niveau nous parait être en ce sens, positif.

Et la Ville en ce domaine relève un double défi, travailler sur le sport de haut niveau sans oublier la question du sport amateur. Je souhaitais à ce titre saluer l’engagement de mon collègue Jean-François Martins. Le sport est une véritable école de la vie, car il permet de prendre confiance, de rencontrer l’autre et de travailler le vivre-ensemble. A travers la mixité des genres, c’est la mixité de la société entière qui s’y joue.

Enfin, nous saluons bien sûr l’ensemble des actions que la Ville va mener dans la lutte contre les violences, et sur tous les autres domaines où les femmes subissent des discriminations injustes. Et nous serons aux côtés de l’exécutif dans la lutte pour l’égalité femmes-hommes, tant que cela sera nécessaire.