Plan vélo

Madame la Maire, mes chers collègues,

Développer la pratique du vélo en ville peut paraitre une démarche évidente : il n’en est rien. Développer la pratique du vélo, dans un cadre de qualité, dans une cohabitation équilibrée avec les autres modes de transport constitue bel et bien un défi, et tout particulièrement dans une ville comme Paris.

 De par sa densité, de par son animation, de par son agitation même et ses multitudes de contraintes urbaines, favoriser les modes de déplacements doux dans notre ville n’est pas une démarche facile. Elle nécessite de casser un certain nombre d’habitudes durement ancrées.

 Dès 2001, le Maire de Paris Bertrand Delanoë a installé et créer les conditions d’un changement de paradigme sur la place de la voiture dans la ville en développant les transports publics et en laissant plus de place aux modes de circulation doux. Cela a pris un certain temps mais nous arrivons aujourd’hui à un fait : les parisiens sont prêts à nous accompagner afin d’aller plus loin dans le développement de ces modes de transports et notamment du vélo. Je dirais même plus, les parisiens aiment le vélo, pourvu qu’on leur donne la possibilité de le pratiquer dans de bonnes conditions.

Le plan qui nous est aujourd’hui proposé intègre les données issues de la concertation, d’une large consultation avec les acteurs du sujet. L’objectif de développement des deux roues, il a d’abord été porté pendant la campagne électorale, confirmé dans le plan d’investissement pour la mandature et enfin concrétisé par le programme 2015-2020 qui nous est proposé. Et 150 millions d’euros, ce n’est pas rien, surtout dans la période actuelle.

 L’aménagement des pistes cyclables constituera le pôle de dépense le plus important. C’est une nécessité car c’est aujourd’hui là que le bât blesse : la pratique ne se développera que si des pistes de qualité sont proposées.

L’offre de stationnement doit également suivre la cadence et se mettre au niveau de nos ambitions, toujours dans une optique de rassurer l’usager qui peut être freiné par l’idée de n’avoir aucun lieu où stationner son vélo. Concernant les places de stationnement des deux roues motorisés, le sujet, je dirais même le problème demeure tant qu’une offre significative ne leur sera pas proposé.

Et nous restons dans l’attente sur les aménagements que la ville de Paris prévoit à leur égard. Il faut parallèlement en développer l’offre, sans quoi la bonne cohabitation de ces deux modes de transport en sera atteinte.

La pratique du vélo doit être plus confortable, et ce plan est l’occasion d’envoyer un message fort car beaucoup de parisiens hésitent encore à passer aux deux roues, notamment par crainte de l’accident. Le Conseil national de la sécurité routière indiquait dans un rapport paru l’année dernière qu’une personne a huit fois plus de chance d’être blessée à vélo qu’en voiture par heure passée sur la route : l’enjeu de la sécurisation du cycliste est donc un aspect sur lequel il nous faut travailler

Il nous faut impérativement, si l’on souhaite atteindre nos objectifs en terme de nombre de pratiquants, montrer que créer des pistes, ce n’est ni plus ni moins qu’augmenter la sécurité du cycliste et faciliter ses déplacements.

Il faudra peut-être à terme envisager une réflexion afin que la ville puisse proposer un dispositif de subvention ou de partenariat pour l’achat de casques, toujours pour la sécurité, ou de masques, pour la pollution : des municipalités font cela et mettent en place des partenariats pour que les usagers soient parfaitement équipés à coût réduit. Monsieur le Maire, c’est une suggestion.

 Il faudra faire preuve de prudence et préserver des zones à 50 km/h de manière concertée, de sorte que les restrictions ne se fassent pas de manière brutale et répondent à une exigence d’efficacité.

 Il faut également nous réjouir que la pratique du vélo au quotidien ne soit plus considérée comme une fantaisie, un loisir, mais comme un mode de déplacement efficace : c’est également un changement de paradigme important. Favoriser le développement de la pratique du deux-roues est un engagement qui a été pris devant les parisiennes et les parisiens.

Dans le consensus je le crois, le cadre est donné pour qu’il soit respecté et que nous arrivions, d’ici à la fin de la mandature, à renforcer la place de ce mode de transport. Le groupe RG-CI accompagnera donc cette démarche positive.