Cession d’une parcelle boulevard Charonne, notre opposition au projet

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

La cession par la ville de Paris d’emprises foncières constitue une démarche logique car le parc de la Ville est vivant et dynamique. Nous construisons, notamment du logement, et il va donc de soi que notre patrimoine se renouvelle. Dans un souci de bonne gestion, il est nécessaire de nous séparer d’un certain nombre de nos emprises.

Par cette délibération vous nous proposez de vendre au 67-69 Boulevard de Charonne un immeuble qui appartenait à EDF et remis à l’opérateur à la ville en 2007. Cette démarche de cession, nous ne la contestons pas.

Ce que nous contestons c’est la manière dont cette opération s’est montée et c’est d’ailleurs à cet effet que nous avons déposé un vœu et que nous voterons contre cette délibération. Monsieur le Maire, je pensais qu’il y avait dorénavant une dynamique d’ouverture sur les projets afin de susciter la créativité en développant des projets innovants.

D’ailleurs, le concept de « Réinventer Paris », cet appel à projet innovant pour la cession de grands bâtiments et espaces de notre territoire, est une belle démarche dont j’ai par le passé salué l’originalité et la pertinence. Alors, pourquoi ne pas avoir intégré le 67-69 boulevard de Charonne au sein des différents projets de « Réinventer Paris » ? Je trouve même que cette cession est contradictoire avec l’esprit collaboratif que notre majorité défend au quotidien.

Localement, dans le 11ème arrondissement, sont portés des projets, je crois par exemple d’agriculture urbaine.  Pourquoi pas.

 Nous pensons au groupe RG-CI que nous pourrions également mettre à disposition ces espaces pour des incubateurs qui continuent leur développement sur notre territoire, pour des lieux dédiés à la culture ou à la pratique artistique, pour des salles de spectacles, espaces sportifs, bref, pour des projets qui puissent ouvrir à tous ces 8 000 mètres carrés en plein cœur de Paris.

Je crois qu’un centre communautaire a un besoin légitime de sécurité et je vois mal comment il pourrait être ouvert sur le quartier comme la délibération nous le laisse penser. Nous ne contestons pas la nécessité pour le centre communautaire de la rue de La Fayette de trouver de nouveaux murs. Ce que nous contestons c’est la méthode qui a été engagée.

Un mot, sur le cœur de nos interrogations, je veux parler des conditions financières de l’opération sur lesquelles, mes chers collègues, on se perd un petit peu. La ville cède le bâtiment à 6,4 millions d’euros. France Domaine a évalué le bâtiment à 8 millions. La ville a parallèlement fait appel à un cabinet d’expertise indépendant qui estimait en janvier 2014 la valeur vénale du bien à, écoutez bien, 12 700 000 €, soit exactement le double que le prix de cession.

Tous ces éléments nous interroge fortement.

Vous l’aurez compris, les élus du groupe RG-CI ne sont convaincus ni par la méthode, ni par l’opération financière que constitue une telle cession.

Nous avons porté un vœu afin que cette adresse puisse être intégrée à un appel à projet dans lequel la créativité serait sollicitée et pourrait bénéficier à tous. C’est une demande qui je crois s’inscrit dans la logique portée par notre majorité depuis le début de la mandature et qui vaut pour cet établissement comme pour l’ensemble des espaces d’une telle ampleur.

Je vous remercie.