Question d’actualité : quelle place pour les VTC à Paris?

Madame la Maire, Monsieur le Préfet, mes chers collègues,

Depuis des mois, les polémiques se suivent dans la guerre commerciale que se livrent les taxis, les VTC et les particuliers proposant un service de transport.  La semaine dernière, des incidents ont éclaté, aux abords des aéroports parisiens et même dans Paris, suite à une mobilisation de certains taxis qui contestent l’utilisation d’Uber Pop, application mettant en relation clients et particuliers proposant des courses.

La préfecture de police de Paris a annoncé ce week-end qu’elle renforçait « les Boers », la police des taxis. Les 83 hommes qui composent cette brigade spécialisée ont reçu l’appui de 200 hommes de la sous-direction régionale de la circulation et de la sécurité routière pour faire appliquer l’arrêté préfectoral interdisant UberPop.

Soit.

Si l’application Uber Pop prête légitimement à discussion, il serait un peu court de clore un débat qui doit avoir lieu sur la cohabitation à Paris des taxis et véhicules de tourisme avec chauffeur qui eux respectent la loi.

Le système français des « licences de taxis » posent des questions.  Le refus d’en augmenter le nombre fait qu’aujourd’hui l’offre parisienne est trois fois plus faible qu’à Londres ou à New-York.

Tous les parisiens le savent, héler un taxi en heure de pointe constitue une opération très compliquée.

Et soyons honnêtes, cette profession est généralement réfractaire à toute idée d’évolution, la dernière preuve étant par exemple son opposition à l’idée de mise en place d’un forfait aéroport. Face à cette situation de monopole où chaque licence se négocie à prix d’or, il était finalement tout à fait naturel qu’une nouvelle offre se développe.  Et le succès des VTC, de plus en plus sollicités par les parisiennes et les parisiens, mais aussi par les visiteurs, nous confirme la nécessité d’une évolution de la situation.

La Ville de Paris doit accompagner le développement de l’offre de VTC qui bénéficie à l’emploi, notamment des non-diplômés, étoffe une offre de service qui en a besoin, avec une qualité de service et de prix unanimement salués.

Notre groupe propose d’ailleurs dans un vœu dont nous discuterons demain, d’ouvrir les voies réservées sur l’autoroute A1 et permettre aux VTC, en plus des taxis, d’y circuler.

Parallèlement, nous appelons l’exécutif parisien, mais aussi l’Etat, à sortir de cette « synthèse molle » afin d’en réguler efficacement et intelligemment la présence à Paris.

Notre question est ainsi la suivante :

Quelle place demain aux véhicules de tourisme avec chauffeur qui contribuent légalement à étoffer l’offre de transport à Paris ? Que prévoit la ville afin de mieux en réguler la présence ? Comment éviter de nouveaux affrontements et quelles sont les exigences portées auprès des taxis parisiens ? Et enfin, Monsieur le Préfet de Police, pouvez nous donner le bilan des incidents survenus la semaine dernière.