A Paris, le débat sur le redécoupage des arrondissements fait des remous

le parisienFusion de la ville et du département. Redécoupage des arrondissements. Révision du partage des compétences entre Ville, Préfecture de police et préfecture de région… Le projet de réforme du statut de Paris est lancé. Dévoilée dans la presse en fin de semaine dernière, la nouvelle organisation souhaitée par la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, a suscité un débat houleux dans l’hémicycle ce mardi.

Nathalie Kosciusko-Morizet, la chef de file des Républicains a ouvert les hostilités. «Madame la maire, vous ne digérez pas les ZTI (zones touristiques internationales), vous réclamez une compensation. Le ministre des finances vous a froissée. Vous exigez du Président une réparation. Les Parisiens ne sont pas là pour faire les frais de vos frustrations», a attaqué bille en tête la présidente du groupe LR en s’étonnant de l’absence du préfet de police aux côtés de la maire.

«Ce vœu sort au Conseil de Paris d’aujourd’hui comme un diable de la boîte à coucou, a ironisé Eric Azière, le président du groupe UDI-MoDem, en regrettant que la maire de Paris n’ait pas évoqué ce projet pendant la campagne municipale. Tout ceci est troublant, tout ceci est flou», a asséné l’élu centriste.

«Je ne pensais pas qu’un peu plus d’autonomie affolerait la droite parisienne», a ironisé de son côté Rémi Féraud, le président du groupe PS avant de se féliciter de cette modernisation de la collectivité parisienne.

Des propositions concrètes en décembre

Si les écologistes et les élus du groupe des radicaux de gauche, centre et indépendants se sont rangés derrière les socialistes, le groupe des élus communistes et du Front de gauche s’est montré plus réservé sur le sujet, exprimant des réserves proches de celles centristes. Ils ont regretté qu’un sujet aussi sérieux ait fait l’objet d’un «simple vœu» plutôt que d’un véritable débat.

Nicolas Bonnet, le chef de file des communistes a émis ses craintes sur la réduction des effectifs que pourrait engendrer cette réforme. Et a également contesté le calendrier précipité, les élus ayant jusqu’en décembre pour examiner le projet. Ces critiques ont été précédées d’échanges visiblement tendus entre le patron du groupe PC, les proches d’Anne Hidalgo et l’adjoint PC chargé du logement absent lors du vote. Danielle Simonnet, la conseillère de Paris du Parti de gauche s’est inquiétée elle aussi des éventuelles répercussions de la fusion ville département sur le nombre des agents.

Le vœu portant conjointement sur la concertation avec les élus du conseil de Paris, la consultation des Parisiens et les discussions avec l’Etat a été adopté avec 63 voix pour (dont celle de Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le parlement). La droite et le centre ont voté contre et les communistes et l’élue du PG se sont abstenus.