Plan d’accueil des réfugiés : intervention de Buon-Huong TAN

Madame la Maire, mes chers collègues,

Des femmes, des hommes ont quitté leur pays, car ils n’avaient plus les moyens d’y survivre. Chacun connaît des situations de violence extrême dans les pays d’origine de ces nombreux réfugiés, dont certains arrivent à nos portes. Ainsi, 4 millions de réfugiés syriens ont été recensés par le H.C.R. dont la plupart se trouve dans les pays limitrophes.

Ces drames, qui se déroulent aux portes de l’Europe, refont surgir en moi de bien mauvais souvenirs, mais aussi cet espoir, ce sentiment indescriptible que j’ai vécu un jour de septembre, le jour où je suis arrivé en France. Cet espoir, nous pouvons et nous avons le devoir de l’offrir à ces familles entières qui arrivent en Europe. Une partie de ces réfugiés, mais d’autres encore, sont venus et continueront à venir jusqu’en Europe.

C’est à ce niveau qu’existe la solution aujourd’hui et pour l’avenir. Aucun pays ne peut faire face seul à l’afflux de ces nouveaux migrants, même si chacun doit y prendre sa part. La France doit aussi relever ce défi, éviter ldes peurs agitées par certains et se donner les moyens de répondre dignement à l’accueil des migrants.
Paris, ville refuge hier et aujourd’hui, a su prendre en charge des réfugiés. La réponse, au vu des moyens et des compétences de la Ville, n’était pas évidente.


Je veux ici rendre hommage à l’engagement immédiat de la Maire de Paris. Et jJe tiens particulièrement à saluer le travail de Dominique VERSINI et des services qui ont su se mobiliser et s’adapter, malgré une situation de contraintes fortes sur les lieux d’hébergement. Ainsi, 2.200 nouveaux réfugiés ont été pris en charge à Paris depuis le mois de juin. Des centres de santé sont mobilisés, tout comme les PMI. Les associations ont largement contribué à la prise en charge d’un grand nombre de réfugiés.

Comme chacun le sait, le phénomène ne va pas s’atténuer. Rien d’indique que l’arrivée des réfugiés va se tarir dans les prochains mois. Il est donc nécessaire que Paris se prépare et mette en œuvre des actions nécessaires sur le long terme. Ainsi, la délibération proposée par le groupe Socialiste et Apparentés répond à cet enjeu de cohérence en présentant des solutions concrètes.

Nous la voterons donc.

Plusieurs grands principes doivent guider nos actions pour assurer un accueil sur le long terme. Il s’agit tout d’abord de ne faire aucune hiérarchie entre les publics. Quant aux réponses aux situations de détresse, elles doivent être globales. Il nous faut aussi prendre en compte les coordinations et actions au-delà de notre territoire. La cohérence des prises en charge se fait aussi sur un zonage métropolitain et régional.

La prise en charge des réfugiés doit être globale et accompagnée dans le temps. C’est en effet, mes chers collègues, un point important que je tiens à souligner. Cet afflux de réfugiés est à prendre en compte dans sa globalité et sur la durée. Il faut bien sûr régler dans l’urgence le problème du logement, mais il ne faut pas oublier la scolarisation des enfants, l’apprentissage du français pour les parents, l’accompagnement pour les aider à trouver un travail, les lieux de culte pour les accueillir, etc.

Nous demandons à chacun de bien garder à l’esprit les moyens dont nous disposons et de veiller à ce que notre engagement ne dépasse pas nos capacités afin d’accueillir, comme il se doit, ces nouvelles familles dans la durée.

Pour conclure, je citerai ces quelques mots issus du rapport Wrzezinski : « Considérer les progrès d’une société à l’aune de la qualité de vie des plus démunis et des plus exclus, est la dignité d’une nation fondée sur les droits de l’homme« .