Grand Paris : la droite se divise et perd des postes

le parisien

Les divisions au sein du groupe LR du Conseil de Paris ont ressurgi ce mardi à l’occasion de l’élection des élus de la Métropole du Grand Paris (MGP). Le scrutin proportionnel de liste, à un tour, pour élire les 62 conseillers parisiens qui vont siéger dès janvier dans cette nouvelle assemblée, a donné lieu à quelques surprises révélant une fois de plus les turbulences que traverse actuellement la droite parisienne. Alors que le groupe LR compte 55 élus, la liste présentée par le parti n’a recueilli que… 49 voix. Six élus LR n’ont donc pas soutenu leurs petits camarades. Le groupe ne remporte que 19 sièges alors qu’il en espérait 21. Jérôme Dubus (XVIIe) et Sylvie Ceyrac (XVe) voient leur espoir d’être membres de la MGP s’envoler. « C’est consternant qu’on n’arrive pas à faire le plein de nos voix ! », soupire Brigitte Kuster, la maire (LR) du XVIIe arrondissement. « Il va y avoir une nouvelle chasse aux sorcières pour trouver ceux qui n’ont pas bien voté », commençait-on à murmurer sur les bancs de la droite. Très vite, quelques noms ont commencé à être murmurés. Comme pour la Tour Triangle, Rachida Dati (la maire du VIIe), Emmanuelle Dauvergne (VIIe) et Jeanne d’Hautesserre (la maire du VIIIe) sont soupçonnées de ne pas avoir respecté les consignes de vote du groupe.

« C’est la fronde contre la présidente du groupe (NDLR : Nathalie Kosciusko-Morizet) qui se poursuit », note un élu. « Maintenant qu’elle est lâchée par Sarkozy, certains vont s’en donner à cœur joie ! » prédit un autre. D’autres évoquent aussi un mouvement de grogne à l’encontre du président de la fédération LR de Paris, le député-maire du XVe Philippe Goujon. « Il y a eu un bulletin nul parce que le nom de Goujon avait été rayé… » raillait-on à gauche de l’hémicycle. « Tout ça n’est pas très satisfaisant », soupire Jean-François Legaret maire du Ier et vice président du groupe LR au Conseil de Paris. « Il y a un vrai problème de leadership politique pour la droite parisienne », observe un conseiller de Paris. « Ouh la, la… vivement la trêve des confiseurs ! » s’exclame un élu dans les couloirs de l’Hôtel de Ville.

Au final, ce scrutin très surprenant permet aux socialistes et radicaux de gauche de remporter 26 sièges, soit deux de plus que prévus.

Les écologistes, eux, remportent 6 sièges, les Communistes et Front de gauche 5 sièges et les centristes qui ont aussi eu plus de voix que prévu, 6 sièges.