Schéma départemental de la prévention et de la protection de l’enfance

Madame la Maire, mes chers collègues,

Le département de Paris est en première ligne pour faire face à des situations sociales compliquées, préoccupantes et qui concernent de nombreux mineurs.

Paris n’a pas ménagé ses efforts pour répondre à la nécessité de prendre en charge les plus jeunes, victimes de situations familiales ou sociales dangereuses.

Le schéma présenté aujourd’hui marque un tournant, une volonté de faire évoluer les pratiques, l’organisation et d’affiner les réponses pour un prise en charge toujours plus efficace.

Je souhaitais tout d’abord saluer le travail mené par Dominique Versini pour arriver à ce document qui marque toute l’ambition de notre collectivité. Le pilotage politique a permis d’associer l’ensemble des partenaires institutionnels et associatifs, rassemblant ainsi plus de 500 acteurs de la protection de l’enfance.

La concertation menée a permis de dégager un bilan satisfaisant des politiques menées depuis 2010. Elle a surtout été l’occasion de proposer des solutions pour ajuster l’offre.

La demande de prise en charge se stabilise certes, mais il persiste encore un nombre élevé de situations d’enfants en danger qui nécessite un engagement fort de notre collectivité.

Cet engagement passe par un budget conséquent de près de 370 millions d’euros par an. C’est un investissement essentiel pour l’avenir des 10.000 enfants qui sont concernés par une mesure de prévention et de protection individualisée.

Il nous semblait particulièrement important de souligner les mesures d’accompagnement des jeunes vers l’autonomie. Le constat est en effet que beaucoup de jeunes sortants de l’ASE sont plus fragiles et vulnérables. Ils peinent souvent à entrer dans un parcours d’insertion durable. Et malheureusement, le pacte parisien de lutte contre la grande exclusion a montré leur plus forte propension à se trouver dans des situations de grande exclusion.

Il n’est pas possible de laisser sortir des jeunes de dispositifs d’aide sans s’assurer de leur devenir. Et nous saluons l’objectif que se fixe la collectivité parisienne pour garantir le construction d’un projet d’insertion sociale et professionnelle pour chacun des mineurs et jeunes majeurs confiés à l’aide sociale à l’enfance.

La mobilisation des ressources et des réseaux de professionnels est ainsi un levier essentiel de prévention et d’aide à l’autonomisation. Il faut assurer la continuité des parcours et l’insertion des adolescents qui nous sont confiés. C’est ce que facilitera le nouveau plan d’action.

Je manque bien sûr de temps pour évoquer l’ensemble des mesures, mais avant d’en terminer, un mot sur la volonté de travailler avec les familles, sur l’aide à la parentalité et la volonté de ne pas édicter de mesures de placement trop rapidement.

La maltraitance n’est pas forcément volontaire et la situation sociale des familles est parfois si difficile qu’il nous faut faire attention à ne pas fragiliser les structures familiales. Une meilleure individualisation des prises en charge permettra de faire ce suivi plus adapté à la réalité de chaque mineur concerné.

Nous sommes ainsi convaincus que le nouveau schéma départemental permettra d’améliorer l’efficience de l’Aide sociale à l’enfance sur notre territoire.

Je vous remercie