Inscription des fusillés pour l’exemple de la Grande Guerre au Monument aux Morts de la Ville de Paris – notre intervention

Intervention de Didier Guillot

Madame la Maire, mes chers collègues,

Nous connaissons l’attachement de la Ville de Paris à réintégrer dans la mémoire collective les fusillés pour l’exemple de la Grande guerre.

Alors que nous commémorons le centenaire de la Première guerre mondiale, la Ville de Paris a annoncé son souhait d’ériger un monument aux morts pour les soldats parisiens morts au combat. C’est dans ce cadre que le groupe RG-CI souhaite l’inscription des noms des fusillés pour l’exemple sur le monument aux morts parisien. Il s’agit de ne pas oublier notre passé, pour mieux appréhender notre avenir.

Entre 1914 et 1918, près de 650 soldats français ont été fusillés pour l’exemple. Parmi eux se trouvaient des soldats parisiens, dont le chiffre est évalué à près de 60. Ces soldats n’étaient pas des « lâches » comme nous avons pu le dire à l’époque. Ce sont avant des victimes de conditions de vie difficiles et d’une violence extrême.

Ils avaient deux choix, ils n’avaient pas le choix. Face à eux, une balle ennemie les attendait. Dans leur camp, c’est une balle française qui les achevait. Ils ont été, pour la plupart, fusillés après avoir été condamnés à mort par des conseils de guerre, statuant de manière particulièrement expéditive.

La volonté de la France de réintégrer ces soldats dans la mémoire collective a déjà été exprimée à de plusieurs reprises. Par Lionel Jospin en 1998 à Craonne sur le Chemin des Dames et plus récemment par le Président de la République en 2013.

Aujourd’hui, près de 200 noms de fusillés pour l’exemple figurent sur les monuments aux morts de différentes collectivités françaises. Nous pensons que Paris doit, elle aussi, leur rendre cet hommage.

Notre Ville avait déjà rendu hommage à ces hommes à l’occasion de son exposition « Les fusillés pour l’exemple – Les fantômes de la République ». Elle a encore l’occasion de le faire aujourd’hui.

Pour toutes ces raisons, je vous invite, mes chers collègues, à voter ce vœu.

Je vous remercie.