Propreté et Zéro déchet à Paris – Notre intervention en séance

Intervention de Buon-Huong TAN

Madame la Maire, mes chers collègues,

Au nom du groupe RGCI, je tenais tout d’abord à saluer le travail des agents mobilisés au service de la propreté de notre ville. Ces personnels travaillent dans un cadre urbain en évolution constante : de nouveaux quartiers sortent de terre, l’espace public s’agrandit, de nouveaux usages apparaissent, etc.

Face à ces mutations, nous devons apporter des réponses adaptées, localisées et efficaces pour garder notre ville propre. Les équipes en charge de la propreté doivent être accompagnées et renforcées pour cela. Les mesures prises par ce plan de renforcement de la propreté sont à la hauteur de cette exigence. Le recrutement qui débute cette année avec la création de 100 nouveaux postes permettra ainsi de renforcer les effectifs dans les nouveaux quartiers.

Les situations locales appellent bien souvent des réponses locales. Nous nous réjouissons des nombreuses orientations qui vont dans ce sens. Les équipes seront fidélisées et autonomes pour affiner leur connaissance du terrain et échanger durablement avec les usagers. Les engins de nettoyage seront adaptés à la particularité des rues et des quartiers.

Enfin, la politique de propreté sera davantage décentralisée et le copilotage avec les maires d’arrondissements renforcé. Assurément, nous ouvrons une approche plurielle de l’entretien de Paris.

La propreté est l’affaire de tous. Déployer des dispositions visant à responsabiliser les citoyens et au-delà tous les usagers de la ville est essentiel.

Le groupe RGCI s’est toujours engagé à valoriser le civisme pour améliorer durablement la qualité de vie au quotidien. Nous avions d’ailleurs interpellé l’Inspection Générale de la Ville de Paris afin qu’elle mène une inspection sur le coût annuel des incivilités volontaires.

L’année dernière, notre assemblée a adopté la majoration de l’amende sanctionnant le jet de mégots, d’ordures ou de tout autre déchet sur l’espace public. Ce plan permettra son application effective par la création d’une brigade chargée de verbaliser ces incivilités. Seules des sanctions réelles permettront de faire changer les comportements de ceux qui dégradent notre cadre de vie.

La réappropriation de l’espace public par les citoyens passe aussi par la nécessaire atténuation de la pression publicitaire. Elle constitue trop souvent une pollution anarchique et agressive. Notre groupe s’était mobilisé sur cette question en 2014 notamment par un vœu visant à lutter contre les tags publicitaires au sol. Dans cet esprit, nous continuerons à porter dans cette assemblée la lutte contre l’affichage sauvage et la stricte application de notre règlement intérieur de publicité.

La prise en compte des objectifs du développement durable constitue également l’un des axes majeurs du plan présenté. En matière d’écologie, Paris a souvent montré l’exemple. C’est le cas aujourd’hui encore. Nous sommes donc favorables au processus de commande publique de matériels innovants et non polluants.

Je souhaite également revenir sur le renforcement de l’économie circulaire et du tri. Nous devons nous engager dans un plan ambitieux de recyclage et de valorisation de tous les déchets qui peuvent l’être. Et ils sont nombreux ! 75% des déchets contenus dans les poubelles vertes pourraient être recyclés ou valorisés.

La stratégie zéro déchet va pour nous dans ce sens. Elle change le regard que l’on porte sur le déchet pour le considérer comme une ressource. Car enfouir ou incinérer un déchet re-valorisable est une aberration écologique, mais aussi économique. Pour un emploi créé par l’enfouissement des déchets, le tri et la collecte en créent trente.

Ce changement de paradigme autour du déchet nécessite un processus de co-construction. L’approche ne peut plus seulement être verticale. L’action politique doit s’accompagner d’une large concertation associant citoyens, usagers, associations, acteurs économiques et institutionnels. Sans cette prise de conscience commune et le partage de cette ambition, réussir serait une gageure. Car pour valoriser en aval, il faut trier en amont. Et force est de constater que le tri est encore loin d’être réellement approprié par les usagers.

Malgré la généralisation du tri pour les particuliers, de nombreux immeubles n’ont pas la place d’accueillir tous les bacs nécessaires. Nous soutenons ainsi la mise en place des Trilib’ à proximité de ces immeubles déficitaires.

À titre personnel, je me réjouis que le 13e soit l’un des 5 arrondissements qui expérimente les Trilib’ cette année. Je ne manquerai pas de suivre leur mise en place et de faire remonter les retours d’expérience.

Les collectes dans les marchés couverts et les cantines doivent aussi être poursuivies. L’expérimentation d’un nouveau bac dans les immeubles va dans le bon sens. Tout comme l’installation d’un composteur dans chaque jardin public parisien.

Mais aujourd’hui déjà, peu de Parisiens connaissent les composteurs présents à leur disposition. Les particuliers, mais aussi les commerçants et les restaurateurs doivent être associés pleinement à cette démarche ambitieuse pour permettre son succès et sa généralisation.

Vous l’avez compris, pour un Paris agréable à vivre, le groupe RGCI apporte tout son soutien à ce plan de renforcement de la propreté.