Améliorer la qualité de vie dans les immeubles et les logements sociaux. Notre intervention

Conseil de Paris
Séance des 29, 30 et 31 mars 2016
Intervention de Jean-Bernard BROS
« Améliorer la qualité de vie dans les immeubles et les logements sociaux à partir de l’avis des locataires »

Madame la Maire, mes chers collègues,

Le logement n’est pas un service comme un autre, du fait de son importance centrale dans la vie de chacun. C’est pourquoi nous devons aborder cette question avec un haut niveau d’exigence.

Parler de qualité de vie dans les immeubles et logements sociaux, c’est évoquer plusieurs réalités. C’est regarder l’environnement de nos immeubles, c’est se pencher sur la qualité des logements en eux-mêmes, mais c’est également considérer les questions de sécurité, de nuisances ou de la sociabilité de nos lieux de vie.

Le logement social est un pilier de notre socle républicain. Aussi, j’en suis convaincu, nous devons avoir des objectifs ambitieux pour notre parc public. Pour les 500.000 Parisiens actuellement locataires du parc social comme pour ceux en attente d’un logement, trois défis sont à relever : construire d’avantage pour répondre aux besoins, garantir une réelle mixité sociale et géographique de notre parc, et améliorer l’existant.

Je le crois sincèrement, mes chers collègues, notre action va dans le bon sens. Notre groupe souhaite ainsi saluer la politique ambitieuse menée depuis 2014 pour construire d’avantage, et les résultats déjà obtenus.

Mais notre action ne se cantonne pas au quantitatif. Des actions ont également été engagées pour améliorer notre système d’attribution via le « scoring » ainsi que pour favoriser la mobilité dans le parc social. C’est déjà là répondre aux attentes et besoins des locataires.

Mais vous le savez, ce qui importe également pour les locataires, c’est la qualité de vie dans notre parc social. Ce travail est exigeant et doit constamment s’adapter à des réalités de terrain qui sont tout sauf figées.

Les besoins réels des locataires sont en constante évolution, tout comme les territoires qui les entourent.

C’est aussi répondre aux attentes parfois variables d’une personne à l’autre, en fonction de sa composition familiale, de son âge, de ses relations sociales. Mais les situations varient aussi selon le type de résidence, la structure du bâti, et plus généralement, le cadre de vie.

Beaucoup a été fait pour notre politique de logement social depuis 2001. Cependant, comme je le soulevais devant vous déjà en 2014, des marges de progression sur la gestion locative pour améliorer le quotidien des habitants, il y en a ! Les attentes des locataires sont fortes, nous le voyons bien dans cet avis citoyen ! Plusieurs points interpellent notre groupe.

Mais, préalablement, je souhaite saluer la méthode de l’avis citoyen. Associer les locataires du parc social à la co-production de nos politiques publiques relatives au logement social est essentiel.

En effet, ce sont les meilleurs experts de leur quotidien par leur usage des immeubles et des logements. Les pistes d’amélioration émises par les locataires pour changer leur quotidien sont d’ailleurs parfois simples et concrètes.

D’autres pays européens ont inscrit la participation des locataires dans la gestion de leur lieu de vie. On parle même dans ces pays de «démocratie des locataires ». Et ça marche !

Ce qui nous marque dans la lecture de cet avis citoyen, c’est l’insatisfaction des locataires face au manque d’implication des bailleurs dans la gestion du parc social.

Or, l’amélioration de la qualité de vie des locataires ne pourra se faire uniquement en répondant à leurs attentes. Les bailleurs doivent intégrer une démarche de co-construction des projets de vie et associer les habitants en amont aux démarches qu’ils entreprennent.

D’ailleurs, les locataires formulent cette volonté de participer d’avantage à la vie de leurs immeubles. Ce constat, parallèlement au rôle de moins en moins prégnant des associations de locataires, doit nous interpeller. En effet, les solutions aux problèmes des locataires du parc social sont parfois longues à intervenir. Les interlocuteurs sont difficiles à trouver. Face à cela, l’organisation des relations de proximité est essentielle.

À ce titre, les gardiens d’immeuble sont souvent les interlocuteurs privilégiés des locataires. Mais tout ne peut pas reposer sur les gardiens, parfois trop souvent sollicités. S’il est nécessaire de renforcer la présence humaine, il ne faut pas oublier de développer les outils nécessaires à un dialogue simplifié entre les locataires et leurs bailleurs. Je pense là notamment aux nouvelles technologies et notamment aux applications de suivi de réclamations.

Les bailleurs sociaux de la Ville de Paris et plus largement ceux qui ont du patrimoine dans la capitale doivent s’engager à changer leurs pratiques et à développer les outils appropriés pour répondre à l’objectif d’une meilleure qualité de vie dans les immeubles.

Le suivi de la mise en œuvre des engagements pris par les bailleurs auprès de la Ville dans le cadre des Chartes d’objectifs et de moyens sera essentiel. Assurez-vous, mes chers collègues de la vigilance de notre groupe sur ce sujet.

Un autre sujet nous interpelle dans cet avis citoyen. C’est le manque de vie commune et de lien social dans les immeubles. Or, celui-ci est indispensable pour que les locataires se sentent bien dans leur environnement.

Les réunions de locataire peuvent être institutionnalisées via des associations de locataires ou plus informelles pour simplement partager des moments de vie. Dans un cas comme dans l’autre, elles sont porteuses de résultats excellents tant pour la gestion des immeubles que pour le bien vivre ensemble.

Ainsi, toutes les propositions portées dans cet avis citoyen sont des facteurs de cohésion pour les locataires du parc social. Accueillir les nouveaux voisins, organiser des événements pour animer la vie de l’immeuble, instaurer un budget participatif… C’est associer les locataires à la vie de leur immeuble au-delà des relations institutionnelles et concertées. C’est, je le pense, un axe de travail essentiel.

Enfin, je souhaite également revenir sur la question de la sécurité dans les immeubles. L’avis citoyen est à ce titre porteur de propositions que nous devons impérativement appuyer auprès des organismes bailleurs. Je pense notamment à l’éclairage des parkings ou à l’installation d’interphones qui assureront davantage de confort, et de sérénité pour les résidents.

À ce titre, la gestion immeuble par immeuble, quartier par quartier, demandé par l’avis citoyen est indispensable. La mise en place de référents « sûreté » au sein des organismes, le recours à la médiation ou encore le développement de la vidéosurveillance sont autant d’axes de travail positifs qu’il faut continuer à mettre en œuvre, au plus près des réalités de chaque immeuble.

Chers locataires, les élus du Conseil de Paris partagent la volonté de voir s’améliorer la qualité de vie de chacun.

Les propositions portées par l’avis citoyen seront je n’en doute pas, un facteur déterminant dans le succès de cet objectif ambitieux, et tellement légitime. Cela permettra également, j’en suis convaincu, de mieux-vivre à l’extérieur des immeubles, dans nos quartiers et dans nos arrondissements.

Je vous remercie.