Le groupe RGCI salue la création d’une brigade de lutte contre les incivilités

MégotssolMadame la Maire, mes chers collègues,

La création d’une brigade de lutte contre les incivilités entre enfin dans sa phase de concrétisation. Et sans ambiguïté, mon groupe et moi-même saluons et approuvons pleinement le projet qui nous est présenté aujourd’hui par l’adjointe en charge de la sécurité.

Nous le savons, notre ville est particulièrement touchée par le problème. Ces désagréments quotidiens empoisonnent la vie quotidienne des habitants. A titre d’exemple, c’est presque 10.000 infractions aux étalages et terrasses relevées par an,  329.00 enlèvements sur voie publique qui le sont encore sans rendez-vous. Et des centaines de tonnes de déchets en tout genre qui sont collectés chaque année sur les trottoirs et caniveaux.

Ces petits faits de délinquance, ces manquements au vivre-ensemble et le refus de s’acquitter de ses obligations de citoyens, tout cela détériorent le quotidien de nombreux parisiens et dégradent le cadre de vie dans nos rues. Ces faits pris isolément sont souvent sans gravité. Mais c’est leur accumulation qui devient insupportable à tous. Et la lutte contre les incivilités n’est pas un objectif simple.

Tout d’abord car les réalités qu’elles recouvrent sont extrêmement variées. Du jet de déchets sur l’espace public, à la bousculade, en passant par les graffitis, nous voyons qu’à chaque incivilité, c’est une action particulière et un changement dans les habitudes de certains qui doivent être opérés.

D’ailleurs sur ce point, nous pouvons saluer l’action menée par la Ville depuis des années pour communiquer, notamment en ce qui concerne la propreté. Je pense dernièrement à la campagne contre le jet de mégots. Et si ces campagnes de communication sont essentielles, elles sont insuffisantes à elles seules.

Notre groupe porte d’ailleurs depuis le début de la mandature de nombreuses propositions dans le domaine du respect et de la préservation de notre espace public. Il est indispensable selon nous de valoriser le civisme dans la ville afin d’améliorer durablement la qualité de vie au quotidien et de limiter le coût des incivilités. Ainsi, le rapport de l’IGVP, élaboré à notre demande sur ce point et parue en avril 2016 évalue à 80 millions d’euros le coût pour la Ville en indiquant qu’il ne s’agit là que d’un montant très parcellaire.

Mais cet appel au civisme doit se faire sur un double niveau : celui de la prévention, et celui de la répression. Si la Ville a fait des efforts en matière préventionnelle, le temps était venu de renforcer la répression en la matière.

Dès l’été 2015, la revalorisation du prix de la contravention, passant de 35 à 68 euros pour les personnes portant atteinte à la propreté de l’espace public, était déjà un premier signe  encourageant dans la lutte contre les incivilités. La mise en place d’un recouvrement d’office dans les cas de marquages publicitaires au sol, sujet sur lequel notre groupe s’était engagé, est aussi une bonne nouvelle.

Mais assurément, nous attendions des moyens accrus pour appliquer, entre autres, ces nouvelles mesures. Et jusqu’alors les agents verbalisateurs, disséminés dans différents services et directions de la Ville, n’avaient pas une action efficace.

Ainsi, nous saluons la création de la DPSP qui permettra de regrouper sous le même commandement l’ensemble des agents verbalisateurs de la Ville. Issus de différentes directions de la Ville, et même de la Préfecture de Police – point sur lequel je reviendrai plus tard – ces agents vont enfin pouvoir travailler de manière coordonnée.

La question du statut des agents, de leur formation pour que chacun puisse travailler dans les meilleures conditions était une inquiétude légitime. Nous sommes donc gré de voir que la concertation a bien eu lieu et que les discussions syndicales se sont déroulées dans de bonnes conditions.

Et globalement, les efforts de la Ville sont à saluer pour créer dans de bonnes conditions un nouveau service de proximité attendu par les Parisiens. Je pense aux moyens humains et financiers. Je pense aussi au déploiement horaire des agents de la Ville à travers la nouvelle Brigade d’Intervention de Paris.

Toutefois, la fonction de pilotage assurée par les services centraux de la nouvelle DPSP mériterait, selon nous, un outil supplémentaire de suivi afin d’objectiver la présence d’incivilités.

Nous disposons aujourd’hui d’outils statistiques disparates pour l’évaluation des faits de délinquance et d’incivilités. C’est pourquoi notre groupe a déposé en vœu pour la création d’un Observatoire des incivilités qui regrouperait différentes instances.

Enfin, nous ne pouvons que saluer le rattachement prochain de 110 Agents de Surveillance de Paris. Nous demandons depuis le début de la mandature le rattachement de tous les ASP aux services de la Ville. Il s’agit d’une première étape modeste, et nous espérons que de prochaines évolutions du statut de notre ville permettront d’amplifier ce mouvement pour étoffer la brigade de lutte contre les incivilités.

Je vous remercie