Institut des cultures d’Islam. Notre intervention en séance

Madame la Maire, mes chers collègues,

Notre Assemblée a, sous l’ancienne mandature, longuement débattue sur l’opportunité de créer l’Institut des Cultures d’Islam. En effet, la spécificité du projet, mélange d’espaces culturels et cultuels, pouvait générer certaines inquiétudes. En tant que radical de gauche, une de ses inquiétudes était, bien sûr, le respect de la loi du 9 mai 1905. La laïcité est une de ses valeurs sur laquelle nous ne pouvons transiger, car elle forme notre vivre-ensemble et garantit la liberté de tous les citoyens.

L’inquiétude était réelle, car nous n’avions jamais vu un tel équipement. Suite aux débats qui ont permis la mise en place d’un certain nombre de modalités pour que le projet respecte bien la législation, deux sites avaient été choisis pour la création de l’Institut.

Le choix est fait aujourd’hui d’abandonner le deuxième site de construction. Nous prenons acte de cette décision. Afin que la ville ne continue pas à dépenser inutilement une somme importante chaque mois, nous voterons cette délibération.

Cependant, nous espérons que les raisons de l’arrêt du projet, dans une stratégie globale d’aménagement d’un quartier politique de la ville, seront mieux explicitées par l’Adjoint en charge. Certains détails mériteraient d’être précisés.

Concernant le maintien du site culturel de la rue Léon ainsi que celui mélangeant les deux espaces, rue Stephenson, cela nous paraît garantir une activité culturelle de qualité au sein du quartier de la Goutte d’or. A nos yeux, il est en effet essentiel de garantir des lieux de culture, d’échanges, et de rencontres dans les quartiers politiques de la Ville. Et je crois que de ce côté-là, l’exécutif a pris des engagements forts.

Nous souhaitons cependant interroger le bilan du site de Stephenson. Cet équipement original est d’une importance capitale. Et si nous avons des retours sur l’animation de la partie culturelle, nous manquons peut-être aujourd’hui de recul sur la cohabitation avec l’espace cultuel. Comment la cohabitation est-elle perçue par les visiteurs et les croyants ? Ces derniers fréquentent-ils d’ailleurs les expositions proposées ?

Nous pensons que sur ces points, l’exécutif doit donner des réponses plus précises et effectuer un audit. Il ne s’agit pas de remettre en cause le principe même de l’ICI. Au contraire, 3 ans après son ouverture, c’est une responsabilité de notre collectivité d’établir un bilan sur les aspects originaux du projet. Cela nous permettra de consolider si besoin le projet actuel. Peut-être aurions-nous dû d’ailleurs nous mobiliser sur un seul site dès le début et voir ce que cela donnerai, avant de vouloir les multiplier.

Enfin, nous serons vigilants au devenir de la parcelle rue Polonceau. Le Conseil de Paris devra être associé à son utilisation et aux modalités de construction d’un nouvel équipement. Je vous remercie.