Modification du Plan Local d’Urbanisme (PLU). Intervention de Jean-Bernard Bros

Conseil de Paris
Séance des 4, 5, 6 et 7 juillet 2016
Débat organisé sur le PLU : Évaluation du Plan local d’Urbanisme, approbation de la modification générale

Madame la Maire, mes chers collègues,

Rendre concret le projet que nous avons pour Paris : voilà, ce qui doit nous guider dans le projet de modification du PLU. Un Plan local d’urbanisme, ce ne sont pas seulement des règles austères et techniques. C’est le document qui va nous permettre de dessiner la ville que nous voulons, la vision de Paris que vous avez portée, Madame la Maire. Une vision validée par  le suffrage universel au mois de mars 2014.

Les Parisiens se sont prononcés pour de nouveaux espaces verts dans Paris. Ils se sont déclarés favorables à notre politique en faveur des modes de transport doux. Ils ont souhaité que notre territoire soit rééquilibré avec plus d’activités créatrices d’emplois dans le Nord et l’Est de la capitale. Ils espèrent le maintien des commerces de proximité aux pieds de leurs immeubles. Ils souhaitent aussi de nouveaux logements dans un contexte tendu.

L’ambition affichée par cette modification générale du PLU est, je le crois sincèrement, forte. Aussi forte que les attentes que je viens d’esquisser.

Le nouveau PLU présente donc trois grands objectifs : la production de logements, notamment sociaux, l’attractivité économique de Paris mais aussi des mesures contre le changement climatique et la pollution. Paris va aussi accompagner l’évolution des lois et des documents de planification. Cette mise en cohérence est essentielle pour vivre le Paris d’aujourd’hui et bâtir le Paris de demain.

Les sujets sont ainsi divers : habitat, préservation de la biodiversité, gestion des ressources naturelles, ou encore logistique urbaine. Je ne reviendrai pas sur l’ensemble du document. Mais je souhaite revenir sur quelques points essentiels, à commencer par celui du logement.

Paris, comme de nombreuses villes a connu de  profondes transformations socio-démographiques. Cela n’est pas sans conséquence sur l’occupation du parc de  résidence et sur la demande de logements. Il nous faut dont impérativement étoffer l’offre, et nous le faisons depuis 2001.

Cet objectif est central. Mais nous devons le faire, dans un cadre respectueux. Respectueux de notre patrimoine, du cadre de vie mais aussi de la mixité sociale. Ainsi, s’il nous faut avec ambition lutter contre les ghettos de riches, il ne faut pas non plus maintenir des poches de pauvreté dans d’autres arrondissements.

L’objectif de construction de logements est ambitieux. Mais nous ne devons pas oublier que ces constructions doivent permettre de garantir un équilibre de mixité sur nos territoires.C’est ainsi le sens du vœu que nous déposons.

Mes chers collègues, le logement intermédiaire est essentiel, tout autant que le logement social. Il ne faudrait pas que notre exécutif le néglige. En effet, Paris, comme d’autres bassins d’emploi, souffre d’un déficit de logements à proposer à certains salariés du public ou du privé. Leurs revenus sont dits moyens mais sont supérieurs aux plafonds d’attribution des logements sociaux. Le logement intermédiaire représente ainsi le chainon manquant entre le logement social et le logement privé, aux loyers trop élevés pour de nombreux Parisiens.

A ce titre, le logement intermédiaire est indispensable à de nombreux ménages pour qu’ils vivent bien dans notre ville ! Nous proposons donc par notre vœu que les quartiers respectant les objectifs de la loi SRU soient dotés de davantage de logements intermédiaires.

Pour améliorer le cadre de vie, un autre point me parait essentiel, celui de la vitalité commerciale de Paris. Notre PLU doit préserver le commerce de proximité qui anime nos quartiers. C’est bien un art de vivre tout parisien qui s’exprime à travers eux, un art de vivre qu’il nous faut défendre plus que jamais.

La politique volontariste menée sur ce point depuis 2011 donne des résultats. C’est pourquoi, nous saluons la volonté du PLU de compléter le dispositif du commerce et de l’artisanat afin de maintenir le commerce de proximité et de lutter contre la mono-activité et la vacance prolongée.

Nous faisons de la mixité sociale et économique un objectif ambitieux. Elle est plus que nécessaire. Je vous remercie.