Politique parisienne pour la vie nocturne. Intervention de Jean-Bernard BROS

IMG_2134[1]Madame la Maire, Monsieur le Conseiller Délégué, mes chers collègues,

En remontant un peu dans l’Histoire, nous voyons que les nuits parisiennes ont longtemps eu grande réputation à travers le monde. Dès le XVIIème siècle, s’organisent à Paris des fêtes fastueuses mais aussi populaires. Depuis lors, notre ville ne s’est jamais départie de ses moments festifs, de ses spectacles, mêlant culture, loisirs et partages.

Mais il est vrai aussi, que depuis quelques années, les nuits parisiennes s’étaient un peu reposées sur leurs lauriers passés. Paris n’était plus le lieu nocturne attractif, au point d’être devancée par d’autres villes, notamment Berlin ou Londres.

Ainsi, le groupe RGCI se satisfait des efforts menés par la Ville depuis l’institution des États généraux de la Nuit. Avec la nouvelle mandature, une autre étape a été franchie avec le Conseil de la Nuit. Cela marque la volonté de porter un projet ambitieux pour Paris : réveiller les nuits parisiennes tout en réconciliant leurs différents usages.

Paris la nuit, ce sont des temps de repos, de fêtes mais aussi de travail. Il fallait donc réunir l’ensemble des partenaires concernés pour esquisser les grandes lignes de la politique parisienne en la matière. Mais souvent, lors de ces consultations, l’échelon manquant a été les usagers plus festifs. C’est pourquoi nous saluons la mise en place d’un Comité des usagers de la nuit. Nous espérons que l’exécutif aura à cœur de nous informer des avancées de cette nouvelle mesure.

La transversalité de la politique menée a permis de mettre en avant deux nécessités pour régler les conflits d’usages :
– Les actions doivent se décliner au niveau parisien, mais aussi au niveau des arrondissements.
– En outre, il nous faut agir sur deux volets : prévention et répression.

La lutte contre les incivilités est évidemment au cœur de l’action pour la vie nocturne. Et des efforts ont été faits pour infléchir l’action municipale en la matière. Je pense à la Brigade d’Intervention de Paris, ou au déploiement de nouveaux moyens matériels.

Globalement les mesures présentées dans la communication sont tout à fait positives. Nous espérons cependant, que les bases posées par le Conseil de la Nuit permettront plus d’audace dans les années à venir. En ce qui concerne l’usage festif, Paris doit innover et proposer des activités et lieux encore plus originaux. Les attentats ont eu des conséquences sur la fréquentation des touristes étrangers. Et nous devons prendre de nouvelles initiatives pour gagner en attractivité.

Concernant les rythmes de vie des parisiens, il nous semble également que si des efforts sont faits, nous devons être plus ambitieux. L’ouverture des services publics doit s’adapter à la réalité du temps de travail de nombreux habitants. C’est pourquoi, nous avons déposé deux vœux sur l’extension des horaires des mairies d’arrondissement et des crèches municipales. Les services publics qu’elles représentent sont essentiels et nous devons travailler à une meilleure adéquation.

L’ouverture du métro la nuit est un projet que les Parisiens et les Parisiennes attendent. Annoncée sur les lignes automatiques du métro, nous souhaitons avoir des informations sur l’avancée des discussions. Cela permettra de faciliter les déplacements des festifs, mais surtout des travailleurs de la nuit. Nous espérons d’ailleurs, à terme, que cela sera possible sur d’autres lignes.

Pour conclure, je souhaitais souligner le devoir qu’ont tous les parisiens de faire prospérer la vie nocturne parisienne. Vous le savez, le 13 novembre 2015, c’est aussi cette vie qui a été attaquée. Et elle est trop précieuse pour être abandonnée à la peur ou au repli. Si Paris est entier dans ses nuits, si Paris est une civilisation nocturne, si Paris possède ce bien noctambule d’histoire et d’humanité, cette nuit qui éclaire, alors il faut retourner y faire la fête, s’y amuser et s’y aimer.

Les nuits parisiennes sont notre histoire et ont fait la grandeur de Paris. Je suis confiant pour qu’elles participent également à notre avenir. Je vous remercie