Débat sur la piétonisation des Berges de Seine

Intervention de Jean-Bernard Bros, Président du groupe

Madame la Maire, mes chers collègues,

La Ville de Paris est une ville dense qui souffre d’un choix passé, celui de laisser trop de place à la voiture individuelle. Les conséquences de cette vision du monde urbain héritée des années 70, nous les vivons aujourd’hui. En effet, à Paris mais aussi plus largement en Ile-de-France, la pollution atmosphérique est une réalité mortelle. Et une grande partie de cette pollution est liée aux émissions de particules fines du parc automobile. Les conséquences sont avérées pour la santé des parisiens certes, mais aussi pour celle des franciliens.

Alors, plutôt que de fermer les yeux, agissons, et agissons maintenant ! Il nous faut nous adapter à l’enjeu nécessaire de la baisse du trafic automobile. C’est le sens de l’histoire ! La Ville de Paris sur la question de la piétonisation a, en vérité, pris quelques retards, comparé à d’autres métropoles mondiales mais aussi à de grandes villes françaises qui ont piétonnisé leur centre.

D’ailleurs il est temps de laisser aux piétons les rues de certains quartiers touristiques qui ne sont pas adaptés à la voiture. Je pense à Montmartre, au Quartier Latin ou encore au Marais. La réussite d’opérations comme Paris Respire devrait nous enjoindre à rendre pérennes ces piétonisations. Et au-delà des riverains et des véhicules de livraisons, nous pensons que ces sites doivent être fermés à la circulation. C’est le sens du vœu que nous avons déposé.

En ce qui concerne les berges de Seine, la Ville a débuté ce processus de réaménagement lors de la dernière mandature, avec les berges rive gauche. A l’époque, les opposants au projet prédisaient des conséquences catastrophiques. Ce ne fut pas le cas. Nous avons donc aujourd’hui quelques doutes sur les dramatisations des adversaires au projet. Face aux réactions outrées, nous nous interrogeons : la droite parisienne a-t-elle une once de compréhension des enjeux du monde d’aujourd’hui, notamment sur la question environnementale ?

Et que dire de la droite francilienne qui entend avec son plan « anti-bouchons » réhabiliter la voiture. L’extension des voies de circulation aura pour seule conséquence d’amener plus de véhicules à emprunter le réseau routier entrainant davantage de bouchons. Alors que nos modes de déplacements sont de plus en plus divers, la droite stagne dans le passé.

Nous ne pouvons attendre et proposer des moratoires retardant encore et toujours le passage à l’acte des pouvoirs publics. C’est la santé et la vie de tous les franciliens, et pas seulement des parisiens, qui est aujourd’hui en jeu.

Il convient tout de même de prendre avec sérieux les nouveaux changements qui peuvent être induits par le réaménagement. Des reports de circulation vont en effet avoir lieu et il convient de faire le meilleur choix. Sur ce point, les premiers éléments fournis, semblent positifs et il nous faut continuer à militer auprès du STIF pour développer les transports alternatifs.

Car, encourager le recours aux transports collectifs, aux mobilités douces et au covoiturage sont bien les seules solutions pour lutter efficacement et dans la durée contre la congestion des routes et donc pour une meilleure qualité de vie.

Alors oui, nous saluons le courage politique de la piétonisation des Berges. Nous devons tenir bon face aux conservatismes de tout bord. Nous pensons même que cela ne suffit pas. La piétonisation des berges est une action parmi d’autres engagée par la majorité parisienne dans la lutte contre la pollution. Sans opposer les publics, nous savons aujourd’hui que ce sont les citoyens les plus pauvres qui souffrent le plus en ce domaine.

Une étude publiée par l’INSERM  en 2015, a ainsi montré les effets beaucoup plus dévastateurs de la pollution pour les personnes en situation de précarité. C’est pourquoi, nous demandons à travers notre vœu qu’une étude de faisabilité soit élaborée sur la transformation de nouvelles voies, notamment dans le Nord-Est parisien. Nous demandons que cette étude soit faîte à horizon 2020 afin de prendre le temps de la concertation et de bien anticiper les alternatives qui pourraient être mises en place.

Et c’est là le grand enjeu pour l’environnement, trouver des alternatives à la voiture polluante. Pour se faire, il faut que le STIF amorce de grands projets pour Paris et au-delà. C’est aussi à cette condition que nous construirons une Ville apaisée. Avec détermination et enthousiasme, nous disons oui aux nouvelles Berges de Seine !

Je vous remercie