[Revue de Presse] 2017, l’année des douze dimanches

2016-10-24-revuedepresse_12dimanches

La Ville de Paris veut étendre l’ouverture dominicale des commerces alors que le tourisme est en berne depuis les attentats. Une décision qui agace au sein de la majorité.

Anne Hidalgo fait volte-face sur l’ouverture des commerces le dimanche. Alors qu’elle était farouchement opposée à l’extension du travail dominical, la maire (PS) de la capitale a créé la surprise en annonçant cette semaine qu’elle proposerait au conseil de Paris du 7 novembre « d’autoriser les commerces à ouvrir douze dimanches en 2017 ». Soit le maximum défini par la loi.

La mairie explique vouloir soutenir « les commerces de proximité touchés par la baisse de la fréquentation touristique » et fragilisés par la « concurrence » de l’ouverture dominicale des grandes enseignes. Ce changement de cap fait tanguer sa majorité. « Il y a une sorte de rupture de confiance entre la maire et nous », a indiqué Nicolas Bonnet-Oulaldj, le président du groupe communiste – Front de gauche en évoquant le rapport sur le sujet voté au conseil de Paris en 2015. Ce dernier prévoyait un « dépassement possible » « de quelques unités » du plancher des cinq dimanches. Le groupe écologiste estime, lui, que « les douze dimanches ne sauveront pas les commerces de proximité ».

Même colère du côté du Clic-P, le collectif des syndicats parisiens : « Plus les grandes chaînes pourront ouvrir le dimanche, plus le petit commerce, qui ne pourra pas suivre, sera fragilisé. ».

 A l’inverse, le groupe Parti radical de gauche centre et indépendant, favorable au travail dominical, et l’opposition parisienne applaudissent.
L’Alliance du commerce se réjouit aussi. « C’est une très bonne mesure », lance Claude Boulle, son président. Selon un rapport du comité régional du tourisme, la capitale a perdu 1 million de visiteurs à cause des attentats (ceux de « Charlie Hebdo » en janvier 2015, du Bataclan en novembre 2015 et de Nice le 14 juillet). Une situation désastreuse car 30 % du chiffre d’affaires des commerces parisiens est réalisé grâce aux touristes.

« L’ouverture des boutiques le dimanche peut contribuer à recréer de la confiance », estime Claude Boulle. Dans les douze zones touristiques internationales (ZTI) où les commerces sont autorisés à ouvrir tous les dimanches, seules une trentaine d’enseignes ont signé les accords avec les syndicats, notamment les filiales de LVMH (propriétaire du « Parisien »), le BHV, l’Occitane ou Apple. C’est peu au regard des 9 000 commerces implantés dans les périmètres des ZTI. « Ça va décoller en 2017 lorsque les grosses locomotives ouvriront le dimanche », prédit le patron d’Alliance du commerce. Si les négociations n’ont pas abouti à un accord début octobre au Printemps-Haussmann, les Galeries Lafayette ouvriront en janvier et devraient entraîner dans leur sillage les commerces alentour.

Le BHV-Marais, ouvert le dimanche depuis juillet, affiche de son côté des « résultats extrêmement encourageants. C’est devenu la deuxième journée de la semaine (après le samedi) en matière de chiffre d’affaires. La progression avoisine les 10 % », indique le groupe des Galeries Lafayette, propriétaire du BHV-Marais.