Contrôle du stationnement payant de surface à Paris

Intervention de Jean-Bernard BROS, Président du groupe

Madame la Maire, mes chers collègues,

La privatisation du contrôle de stationnement payant est un dispositif nouveau, autorisé par la loi MAPTAM. Nous regardons avec bienveillance cette possibilité offerte aux collectivités par le législateur. En effet, notre ville doit se saisir des opportunités d’innovation pour améliorer le service public. Et il est vrai qu’en matière de stationnement payant, le service effectué doit fortement être amélioré. Les observations effectuées nous le montre : les usagers sont loin du civisme attendu par tous les administrés.

La fraude au stationnement est en effet devenue une habitude ancrée, de la part d’automobilistes qui ne respectent plus les règles en la matière. Ainsi, cela a été dit, le taux de paiement du stationnement sur Paris atteint seulement 10% ! Nous ne pouvons accepter cette situation. Le stationnement des véhicules a un coût pour la ville. Il est normal que chacun y participe à la hauteur de l’utilisation de ce service mis en place par la collectivité. Les automobilistes qui crient au scandale, s’arrogent un droit de gratuité qu’ils n’ont pas et laissent à l’ensemble des Parisiens la gestion de leur place de parking.

Comment en est-on arrivé à cette situation ? Une fraude massive rendue possible par la faiblesse des contrôles, additionnée à des niveaux d’amendes trop timides. Car au-delà du manque de civisme, c’est avant tout à un calcul tout à fait rationnel auquel participent les automobilistes. Le risque de ne pas payer le stationnement est trop faible.Cette situation n’est pas satisfaisante. Paris doit enrayer cette logique avec de nouveaux moyens qui ont montré leur efficacité ailleurs.

Nous trouvons en parallèle intéressant que les ASP revenant sous giron de la ville, dont certains verbalisaient le stationnement payant, soient affectés à de nouvelles missions. La lutte contre les incivilités doit en effet être au cœur de notre mission de service public. Les nouvelles brigades sont au plus près des habitants pour rendre l’espace public plus sûr et améliorer le cadre de vie de chacun. C’est une problématique autre que celle de la verbalisation du stationnement.

La Ville de Paris se lance ici un défi intéressant et inédit dans notre pays. Le résultat devra évidemment être regardé et évalué avec attention. Je tenais ainsi à souligner que nous n’abandonnons pas nos prérogatives ad vitam aeternam. Non ! Nous nous dotons d’un nouvel outil de gestion en remplacement d’un système qui a montré son inefficacité.

Ainsi, vous l’avez compris, notre groupe soutient la réforme du stationnement payant, car il s’agit là d’un enjeu d’amélioration de notre capacité d’action. Je vous remercie.