Notre voeu pour l’intermodalité vélo – transports en commun

Intervention en séance de Didier Guillot, Conseiller de Paris

Madame la Maire, mes chers collègues,

Le vélo est entré dans notre Ville grâce à une impulsion portée dans de précédents mandats et dont la politique de l’exécutif porte la continuité aujourd’hui. Le Plan Vélo est ainsi une concrétisation du volontarisme en faveur des mobilités durables, tout comme la généralisation des zones 30 et donc des contresens cyclables. La mise en place de politiques structurantes prend du temps, et c’est le cas sur ce sujet. Abandonner les habitudes prises durant des dizaines d’années n’est pas chose aisée et il faut avancer avec pédagogie à chaque étape. A terme, il s’agit bien sûr de protéger la santé des Parisiens, encore trop mise en danger. L’épisode de pollution que nous connaissons depuis deux semaines est une preuve de la détermination que nous devons avoir pour trouver des alternatives à la voiture polluante.

Ainsi, c’est une nouvelle étape de réflexion que nous vous proposons à travers notre vœu. Celle de l’intermodalité du vélo avec les transports en commun. En d’autres termes, comment alterner déplacement en vélo et en transports collectifs sur le même trajet sans en abandonner l’un ou l’autre. Quelques solutions sont offertes aujourd’hui. Tout d’abord, avec les parkings vélo actuellement existants et le développement du service Veligo.

Vélib est aussi une des solutions existante et qu’il faut soutenir, mais elle ne peut couvrir l’ensemble des besoins des Parisiens et des franciliens, car de nombreux cyclistes utilisent leur propre véhicule. L’aide au développement de vélos à assistance électrique de la Ville de Paris connait d’ailleurs un vif succès. C’est pourquoi nous proposons qu’une réflexion soit menée pour développer un autre levier de développement de la pratique du vélo.

Toutes les métropoles françaises ou mondiales qui ont réussi à développer l’usage et la pratique du vélo (Copenhague est ainsi passé en peu d’années de 15% à 40% de part modale), ne se sont pas contentées de nouveaux partages de la voirie mais ont précisément développé les solutions intermodales. A Nantes, les vélos peuvent ainsi être accrochés dans les tramways et TER régionaux. Et San Francisco ou Ottawa ont développé des systèmes d’attaches à vélo sur les bus. Cela prouve qu’il existe des solutions techniques.  

Il s’agirait donc de réfléchir à emprunter avec son vélo le bus ou le métro. Cela se fait déjà sur le réseau RER et transilien. Et bien évidemment en dehors des heures de pointes et de surcharges. Toutes les nouvelles rames du réseau transilien déjà en vigueur sur le réseau E, H, L, P, N sont équipées de strapontins marqués pouvant laisser la place au transport de vélo.  Nous demandons d’ailleurs à ce que cette possibilité offerte aux cyclistes parisiens et franciliens d’utiliser le réseau SNCF soit davantage mise en valeur, d’autant qu’elle permet aux cyclistes d’avoir une mobilité augmentée. Le couplage vélo/transilien et demain vélo/métro ou vélo/bus est assurément la plus belle optimisation du rapport entre la durée et longueur du parcours et son empreinte écologique.

Évidemment, c’est un projet qui nécessite une étude sérieuse en raison de problématiques qui se posent pour la fluidité du trafic des bus et sur la place laissée aux vélos dans les wagons du métro.  Mais ce que nous vous proposons là est de préparer demain, de ne pas  se borner à aujourd’hui et à nos habitudes.

En outre dans une ville que nous voulons inclusive, l’adaptabilité des transports en communs aux vélos peut aussi être le pendant d’une autre réflexion sur la place accordée à d’autres usages : poussette et valises par exemple, outils avec lesquels, vous en conviendrez, il n’est pas aisé de circuler.Je vous invite donc à oser avoir un temps d’avance. Pour toutes ces raisons, je vous invite, mes chers collègues à voter ce vœu.

 Je vous remercie