Taux de rotation dans le parc social

Intervention de Jean-Bernard BROS, Président du groupe

Madame la Maire, mes chers collègues,

En France, de très nombreux ménages, notamment issus des classes moyennes, ont besoin du parc social pour pouvoir se loger, ne trouvant plus, dans le parc privé, des solutions satisfaisantes. Cette réalité est d’autant plus vraie à Paris. Grâce à notre politique ambitieuse pour le logement social, de nombreux citoyens ont la possibilité de se loger de manière digne et financièrement abordable. Il faut s’en réjouir. Mais ne nous voilons pas la face, cela n’est pas suffisant.

Le retard de la construction de logements depuis un quart de siècle, la flambée des prix immobiliers constituent autant de blocages structurels qu’il nous faut résoudre. En témoignent le nombre de demandeurs de logements sociaux et les délais d’attente, mais aussi la difficulté à pouvoir s’installer dans le parc privé que ce soit en location ou à l’achat.

Beaucoup de chemin reste à parcourir, beaucoup d’obstacles restent à franchir, beaucoup de défis sont encore à relever. Construire, c’est toujours une grande et belle aventure.  Mais nous ne devons pas oublier dans le même temps d’assurer l’optimisation de notre parc social.

Aussi les élus du groupe RGCI se posent une question : comment faire pour qu’un plus grand nombre de personne bénéficie d’un logement social ? Une des réponses à apporter est certainement de favoriser la mobilité dans le parc public ! Nous le savons, c’est souvent difficile, parfois même ingrat. Mais c’est essentiel pour améliorer la qualité du service rendu. Le taux de rotation du parc social à Paris est deux fois inférieur à la moyenne nationale, elle-même très inférieure au taux de rotation sur le marché locatif privé.

Or les transformations familiales existent et la situation d’un ménage à son entrée, n’est souvent plus la même 10 ans ou 15 ans plus tard : augmentation des revenus, départ des enfants… Il nous faut mieux prendre en compte ces changements pour fixer les priorités d’accession au parc social. Car, mes chers collègues, le « logement pour tous » signifie également faciliter la mobilité des locataires et l’accession à la propriété.

Le nombre de logements sociaux libérés, pouvant être proposés aux familles en attente, chaque année est trop faible. Nous devons agir ! Différentes pistes d’actions sont possibles :

  • La mobilité en interne au parc social, c’est-à-dire proposer des logements adaptés aux situations des ménages
  • Et, la mobilité vers le privé, en location ou en accession.

Sur ces points, notre Ville a véritablement des efforts à faire. Et le sens de notre vœu est bien d’aller plus loin en la matière.

Quant à la modification du PLH proposée, les élus du groupe RGCI estiment qu’un surloyer de solidarité est un outil important pour favoriser la mobilité dans le parc social. Nous déplorons donc qu’il soit abandonné, car cela pose des questions en termes de justice sociale. Mais nous ne sommes pas sourds aux arguments visant à protéger les classes moyennes à travers cette modification. Et je le dis très clairement : si l’objectif est de protéger les classes moyennes et de favoriser le maintien de ces familles dans notre capitale : cela ne suffit pas ! C’est un dispositif goutte d’eau face à l’océan des obstacles en la matière.

Paris souffre des difficultés à trouver des logements assez grands et à des prix accessibles pour ces familles. Le logement social est une solution. Mais elle n’est pas la seule solution. Car quelle est l’aspiration de ces familles des classes moyennes ?  Accéder à la propriété. Et c’est pour cela qu’elles quittent Paris. Malgré les politiques ambitieuses et très positives en direction des familles, le logement reste un problème majeur de fixation des familles dans notre Ville.

Alors, oui à une politique de logement social ambitieuse ! Nous ne souffrons d’aucune ambiguïté en la matière. Mais oui également à des véritables dispositifs d’accession à la propriété! Il faut cesser d’opposer ces deux sujets, car ils sont complémentaires. C’est pourquoi, nous demandons que soit entamé un véritable travail de fond sur ce sujet.

Sans mesures complémentaires d’accompagnement sur la question de l’accession, nous nous abstiendrons sur la modification du PLH qui nous est proposée, car elle est trop dérisoire. Je vous remercie.