Alimentation durable et agriculture urbaine à Paris

Madame la Maire, mes chers collègues,

Miel, champignons, orge, courgettes, fraises et salades  – qui pouvait croire, il y a quelques années encore, qu’un jour, tous ces produits pourraient être étiquetés « Made in Paris » ? Pourtant, au sein de notre ville, dans ce qui est le Paris intra-muros aujourd’hui, au-delà des faubourgs d’alors, se trouvaient des fermes maraichères qui alimentaient les Parisiens. L’urbanisation a fait reculer ces terrains agricoles. Mais des traces de ce passé subsistent encore. Je pense bien sûr aux vignes de Montmartre qui nous offrent chaque année un évènement festif fameux.

Il ne s’agit pas bien sûr de rendre notre territoire autonome. Les villes ne peuvent se suffire à elles-mêmes car les espaces de cultures ne seront jamais satisfaisants pour répondre aux besoins de la population. Cela ne nous empêche pas cependant de diversifier nos circuits d’approvisionnement dans une perspective de santé publique et de consommation d’énergie vertueuse.

Tout d’abord, une place non négligeable va être laissée à l’agriculture urbaine, et il me semble que l’exécutif n’a négligé aucune des possibilités qu’offrent nos rues et nos partenaires. Le travail mené doit, selon nous, poursuivre plusieurs objectifs :

  • Redonner aux citadins une âme de cultivateur par une sensibilisation aux cultures écologiques ;
  • Utiliser les méthodes innovantes pour favoriser la nature en ville ;
  • Et permettre aux Parisiens de retrouver le goût d’une alimentation saine ;

L’agriculture urbaine doit être complétée par un échange avec les territoires ruraux et les agriculteurs de notre Région. La marche vers une moindre dépendance des circuits industriels doit se faire en associant les territoires environnants. Favoriser au maximum les circuits courts, c’est travailler avec les acteurs de la production agricole. En effet, commander des produits bios pour nos cantines, c’est bien, commander un produit bio qui n’aura pas parcouru 1.000 km en camion c’est mieux !

Si nous voulons poursuivre notre engagement sur la commande publique, nous devons travailler sur l’offre et favoriser les partenariats avec l’agriculture durable. Chaque étape du champ à l’assiette est importante. L’intermédiaire n’est pas à négliger et la question de la logistique des transports est essentielle pour une alimentation peu énergivore. Je suis heureux de développer au sein de la SOGARIS la plate-forme de logistique urbaine qui verra le jour Porte de la Chapelle.

Et le bout de la chaîne, c’est l’assiette des parisiens. Hippocrate disait déjà « Que ton aliment soit ta seule médecine ». Notre science moderne a montré qu’en effet,  le lien entre santé et alimentation est fondamental. Les produits de qualité doivent être plus accessibles en termes de proximité d’achat et de prix. C’est pourquoi, le groupe RGCI a  déposé un vœu sur le sujet.

De nombreuses études, comme celles du CREDOC, ont montré que pour les foyers les plus modestes, le prix était le premier facteur d’achat. Or, nous voyons aujourd’hui, que beaucoup de produits de qualité sont encore inaccessibles. Notre ville doit parler à tous les publics. Les efforts menés pour orienter l’offre en boutique, sur les marchés ou au sein des restaurants collectifs ont permis de favoriser la tendance du bien-manger, et c’est tant mieux. Les deux halles alimentaires prévues sont aussi une première réponse pour s’adresser à un public plus modeste.

Mais nous proposons que la future stratégie pour l’alimentation durable à Paris prenne spécifiquement en compte la question de la précarité alimentaire. Le public jeune doit aussi être une des cibles. Comme l’indique une étude de l’IPSOS, les habitudes des 15-25 ans ont des conséquences négatives sur leur santé.

En outre, la fréquentation des Restaurants Universitaires n’est aujourd’hui pas satisfaisante. La Ville de Paris pourrait entamer un partenariat pour les rendre plus attractifs et tenter, pourquoi pas, de les intégrer à des appels d’offres communs. Paris est une grande capitale gastronomique, et nous devons continuer à favoriser l’excellence, tout en rendant cet art de vivre accessible au plus grand nombre.

L’innovation culinaire peut permettre cette plus grande diffusion. Nous saluons à ce propos, l’engagement pour que l’organisation d’un festival de cuisine de rue gastronomique, proposé par notre groupe , soit faite en 2017. Ainsi, le projet autour d’une agriculture et d’une alimentation durable qui nous est présenté est cohérent. Il répond à la diversité des enjeux, aussi bien économique, écologique que sanitaire.

Je vous remercie