Interventions de Jean-Christophe MIKHAÏLOFF en Conseil d’arrondissement

VOIRIE ET DÉPLACEMENTS
INTERVENTION DE JEAN-CHRISTOPHE MIKHAÏLOFF:
Conseil d’arrondissement du 11ème de janvier 2017

 

Sur la Stratégie Paris piéton

JC. MIKHAÏLOFF: « Il s’agit de l’une des délibérations les plus importantes de la mandature car elle touche au quotidien des Parisiens et elle est à même de changer leur cadre de vie. Elle peut se traduire directement sur leur bien-être et sur leur qualité de ville.

Ce plan piéton va dans le bon sens mais les Radicaux appellent à une ambition plus forte au-delà des quelques principes énoncés, celle d’une véritable révolution copernicienne pour inverser les priorités et les hiérarchies entre les piétons et l’automobile. Notre collègue Pierre JAPHET l’a rappelé, aujourd’hui plus de 50 % de la voirie consacrent la soumission du piéton à l’automobile. Il faut inverser cette hiérarchie et affirmer qu’en dehors des axes circulants, à l’intérieur même des quartiers, sur les voies secondaires, c’est le piéton qui doit avoir la priorité et l’usage prioritaire de la majorité de l’espace public, dont la chaussée.

Aujourd’hui encore, la voirie parisienne est organisée en saucissonnage, avec des petits trottoirs où les piétons doivent se maintenir, des bandes de stationnement très présentes et envahies par l’automobile, et des chaussées souvent assez larges pour que plus d’une voiture y circule. Nous appelons à repenser complètement l’espace public pour que les enfants, les personnes âgées, les flâneurs et les commerçants puissent pleinement profiter de l’usage de la rue lorsqu’il s’agit de rues secondaires.

On le voit avec l’engouement suscité par la rénovation de la Place de la République, dont les piétons se sont littéralement emparés, et avec le succès remporté par tous les projets liés à l’aménagement piéton des places ou des rues, à la végétalisation de certaines voiries ou à la reconquête d’espaces au profit des piétons, dans le cadre des Budgets Participatifs. Quasiment tous ces projets sont arrivés en tête démontrant une appétence des Parisiens pour l’espace public et pour ces espaces reconquis sur l’automobile.

Il n’y a pas eu de création de grands quartiers piétons depuis la mandature de M. Jacques Chirac et la création du quartier Montorgueil en 1991. Il y a eu certes des progrès avec la reconquête des berges de la rive gauche, puis prochainement une partie des berges de la rive droite. Malgré le tollé entretenu par la Droite avant même leur mise en place, l’engouement des Parisiens, notamment de l’ouest parisien, ne fait pas défaut. Ils profitent pleinement de ces berges de Seine libérées. Vous verrez que les berges de la rive droite vont connaître le même succès.

Le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants appellent à la création de nouveaux grands quartiers piétons. En septembre dernier nous avions proposé par l’intermédiaire d’un vœu que les grandes zones touristiques comme le Marais, l’Ile Saint-Louis, l’Ile de la Cité et une partie du quartier Latin, soient d’ores et déjà transformées en aires piétonnes. Il faut passer de la parole aux actes.

Nous appelons aussi au désencombrement des trottoirs qui sont souvent envahis de panneaux publicitaires, de panneaux de signalisation routière qui ne sont pas très utiles pour la plupart d’entre eux ou qui pourraient être rationalisés, ou de mobiliers urbains divers et variés. Une vraie réflexion est à mener sur ce sujet du désengorgement de l’espace public.

La reconquête de la rue par le piéton pour recréer ces agoras urbaines illustre la volonté des Parisiens de disposer de cœurs de ville animés, sécurisés et embellis. C’est ce Paris de demain qu’il nous faut imaginer aujourd’hui avec audace. Je vous remercie. »

 

Sur la Municipalisation du stationnement payant

JC. MIKHAÏLOFF: « Le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants est très favorable à cette délibération, y compris au recours à un partenariat public/privé pour permettre de lutter contre la fraude, d’augmenter fortement les revenus de la Ville, de permettre aux automobilistes de se garer plus rapidement donc de lutter contre la pollution, et de libérer des agents pour d’autres tâches dont la lutte contre les incivilités et il y a urgence en la matière. »

 

Sur  l’implantation d’antennes-relais de téléphonie mobile rue Saint Sabin

JC. MIKHAÏLOFF: « Merci M. MOUSSARIE. Vous avez expliqué l’état des lieux. La Ville de Paris, et les communes en général, ont des compétences extrêmement limitées en matière de téléphonie mobile. Néanmoins la Ville de Paris considère que son rôle est d’assurer une information la plus claire et la plus transparente sur le déploiement de ces antennes-relais, qui sont tout de même indispensables pour la grande majorité d’entre nous qui utilisons les smartphones.

Depuis 2003, la Ville de Paris agit au-delà de ses compétences et au-delà de la législation nationale puisque nous avons établi une charte, concertée avec les opérateurs, qui limite l’exposition aux champs électromagnétiques à un niveau aussi bas que possible et très inférieur à la législation nationale (5 V/m pour la 3G contre 41 V/m au niveau national ; 7 V/m pour la 4G contre 61 V/m au niveau national). Nous sommes en train de négocier avec les opérateurs pour élaborer une nouvelle charte qui devrait être encore plus ambitieuse en matière d’exposition.

Le dossier du 41 rue Saint Sabin a été étudié par l’Agence d’Ecologie Urbaine le 26 mai 2016. Contrairement à ce que vous semblez penser, M. François VAUGLIN a adressé un courrier d’information aux riverains en juin 2016. Il y a eu assez peu de retours de courrier. Les relevés effectués par l’Agence étant très inférieurs aux seuils de la charte, et l’impact visuel étant assez limité (malgré la présence du canal Saint Martin), la Ville de Paris a autorisé Bouygues à installer ses antennes 2G, 3G et 4G.

Concernant votre courrier du 22 novembre adressé à M. le Maire et à M. Patrick BLOCHE, nous reconnaissons notre faute car la réponse au courrier se trouve dans les parapheurs. Mais en attendant, nous avons saisi l’Agence d’Ecologie Urbaine pour avoir des informations complémentaires, et notamment des estimations de champs électromagnétiques, qui sont très faibles. Nous, M. le Maire et moi-même, vous proposons de convenir d’un rendez-vous pour vous recevoir en présence de l’Agence. Dans cette attente, il est possible pour les riverains de cette antenne de demander gratuitement (en ligne) des mesures d’exposition électromagnétique dans leur logement. »