La capitale doit changer sa réputation et devenir un exemple de propreté

Intervention de Jean-Bernard BROS, Président du groupe

Madame la Maire, mes chers collègues,

Pour commencer mon propos, je tenais à saluer les agents qui travaillent chaque jour pour la propreté de Paris. Nous connaissons leur engagement malgré les nombreuses difficultés qui existent.

Le cadre urbain en évolution permanente, en est une. De nouveaux quartiers sortent de terre, de nouveaux usages, notamment festifs, s’amplifient, et des transformations urbaines atténuent les barrières entre espaces : la ville évolue et la pratique pour la propreté doit faire de même.

Mais il est une autre difficulté, encore plus prégnante : l’incivisme généralisé en matière de propreté. Trop souvent, les habitants ou les visiteurs de notre ville, chacun à sa manière, concoure à la saleté de nos rues : jets de mégots, déjections, dépôt sauvage, etc… les incivilités sont trop nombreuses.

Face à cela, nous devons apporter des réponses adaptées, localisées et plus efficaces pour garder notre ville propre. Et il est vrai que Paris a des efforts à faire pour relever ce défi. L’objectif est clair : la capitale doit changer sa réputation et devenir un exemple de propreté. C’est l’image et l’attractivité de notre ville qui sont en jeu.

L’exécutif a déjà pris depuis le début de la mandature des engagements pour y arriver. Ainsi, le renforcement des équipes sur le terrain est devenu une priorité d’embauche pour notre municipalité, encore cette année. Dans un contexte de grande tension budgétaire, la création de 100 nouveaux postes est un effort certain qui mérite d’être salué. Le renouvellement du matériel utilisé par la collectivité est également à souligner. Des machines plus performantes et plus écologiques ont été déployées, des équipements qui rendent aussi les conditions de travail des agents plus agréables.

Mais il faut aussi se rendre à l’évidence : le renforcement des moyens, s’il est nécessaire en la matière, n’est pas suffisant. Il nous faut donc modifier nos méthodes de travail pour véritablement agir. Ces modifications doivent en premier lieu se faire au niveau local. Les situations des quartiers sont diverses et appellent des réponses spécifiques.

Nous ne pouvons que nous réjouir des orientations prises qui vont dans ce sens :

–         Les équipes seront fidélisées et autonomes pour affiner leur connaissance du terrain et échanger durablement avec les usagers.

–         Les engins de nettoyage seront adaptés à la particularité des rues et des quartiers.

–         Enfin, la politique de propreté sera davantage décentralisée et le co-pilotage avec les maires d’arrondissements renforcé.

La propreté n’est cependant pas uniquement l’affaire des services. Elle est l’affaire de tous les parisiens. Déployer des dispositions visant à responsabiliser les citoyens, et au-delà les usagers de la ville, est essentiel. Le groupe RGCI s’est toujours engagé à valoriser le civisme pour améliorer durablement la qualité de vie au quotidien. Nous avions d’ailleurs interpellé l’Inspection Générale de la Ville de Paris pour qu’elle mène une enquête sur le coût annuel des incivilités volontaires. Et il est important. Il nous faut donc déployer deux actions simultanées : sensibilisation et sanction.

Nous nous sommes félicités l’année dernière que notre assemblée ait adopté la majoration de l’amende sanctionnant le jet de tout déchet sur l’espace public. Avec la mise en place effective de la brigade anti-incivilités, nous aurons enfin le bras armé, d’une politique de sanction efficace en matière de propreté. Les sanctions doivent en effet être réelles et effectives pour faire changer les comportements de ceux qui dégradent notre cadre de vie. Une communication adaptée et la participation des habitants est un complément à cette politique. Je crois qu’en la matière le plan proposé est complet : ambassadeurs, campagnes, prévention à l’école sont des mesures positives.

A travers ces messages, il nous faut aussi appuyer sur les questions du développement durable et de la protection de l’environnement auxquelles les habitants sont également sensibles.

L’augmentation du tri des déchets, l’économie circulaire et le respect du cadre de vie sont d’ailleurs des domaines fortement investi par la Ville. Ainsi, la mise en place des Trilib’ à proximité des immeubles déficitaires est une bonne idée. Le démarrage de l’expérimentation a montré des écueils avec des dépôts sauvages trop fréquents sur certains territoires. Mais l’ajustement des tournées de récupération et le projet de modification de certains bacs va permettre de juguler largement le problème.

Enfin, les opérateurs économiques doivent aussi être partie prenante du processus pour une ville propre. L’atténuation de la pression publicitaire est d’ailleurs une de nos priorités. Elle constitue trop souvent une pollution anarchique et agressive. Les entreprises doivent comprendre que l’espace public ne leur appartient pas. Notre groupe s’était mobilisé sur cette question en 2014 notamment par un vœu visant à lutter contre les tags publicitaires au sol. Dans cet esprit, nous continuerons à porter dans cette assemblée la lutte contre l’affichage sauvage et la stricte application de notre règlement local de publicité.

Mais au-delà, les opérateurs doivent participer plus directement. Le travail prévu avec les entreprises de restauration rapide est à ce titre une bonne nouvelle. La question de la remise en état des trottoirs est également fondamentale. Nous avons souligné la difficulté que leur détérioration représente pour les personnes à mobilité réduite, nous savons aussi que cela concoure à l’image d’un cadre de vie dégradé.

Vous l’avez compris, pour un Paris agréable à vivre, pour un Paris attractif, pour un Paris propre, le groupe RGCI apporte son soutien aux nouvelles ambitions affichées. Je vous remercie