Communication au Conseil de Paris – MIE « Paris, ville interculturelle »

Intervention de Didier Guillot

Madame la Maire, mes chers collègues,

« La tolérance, le dialogue interculturel et le respect de la diversité sont plus indispensables que jamais dans un dans un monde où les peuples sont plus interconnectés que jamais ». Cette phrase prononcée par Kofi Annan résume à elle seule la philosophie des travaux de la MIE.

Nous le savons tous. L’attractivité et le dynamisme de notre Ville passent par la mise en place d’une politique inclusive pour tous. Alors que les villes du 21ème siècle sont interculturelles, ce serait se voiler la face que de ne pas embrasser cet état de fait ! Paris est une ville-monde. Des citoyens du monde entier viennent ici, pour visiter notre ville, pour travailler, étudier, s’y installer pour un temps ou pour toujours ainsi que pour s’y réfugier.

La diversité culturelle parisienne, réelle et ancienne, doit nécessairement être prise en compte. Une « culture » n’est jamais quelque chose de monolithique, d’unilatéral, de figé. Ses contours sont flous ; elle est traversée par des multiples différences, voire par des conflits internes ; et surtout, elle évolue en permanence.

C’est pourquoi nous devons constamment veiller à ce que l’action publique appuie le partage et la réciprocité des échanges, garantisse le respect des convictions et de l’identité de l’autre, ainsi que le respect des lois et des valeurs qui fondent notre République.

En ce sens, une ville interculturelle doit contribuer à une meilleure émancipation de chacun à travers la connaissance de soi et de l’autre. Cette approche ne doit pas amener à une essentialisation des citoyens ou de leur culture, quel que soit leur origine. C’est pourquoi les élus du groupe refusent toute forme de communautarisme, modèle d’organisation qui s’oppose à la nécessité de l’émancipation individuelle. J’ajoute que notre débat public depuis quelques années a beaucoup trop tendance à confondre approche culturelle et dimension cultuelle. Or l’une est vecteur d’émancipation et de richesse, l’autre peut au contraire être synonyme d’enfermement. Je reprendrais ici la citation d’Octavio Paz : « Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l’inverse, c’est de l’isolement que meurent les civilisations ».

Paris doit parallèlement veiller à produire des politiques qui dépassent les incompréhensions qui sont des sources de blocage, qui participent aux processus d’intégration, qui répriment toute forme d’intolérance. C’est le sens des préconisations faites par notre groupe dans le cadre des travaux de cette MIE.

Alors que se développent des discours de violence, nous devons redonner confiance dans la coopération et le dialogue, redonner du sens à la culture de la tolérance, aider les femmes et les hommes à reprendre la maîtrise de leur destin, contre l’incertitude, contre les catastrophes, contre les conflits. C’est le cœur même de la résilience. Car oui, l’interculturalité est sources d’opportunités importantes pour tous.

Mais il faut apprendre à vivre dans la diversité, cela ne va pas toujours de soi, il faut des outils, des politiques, et des valeurs adaptées. Notre administration doit ainsi constamment veiller à se montrer ouverte aux innovations pour la gestion des relations interculturelles. Aujourd’hui, nous pensons que l’administration peut mieux intégrer cette donnée dans ses actions.

Les préconisations de la Mission sont nombreuses, diverses car le sujet de l’interculturalité est vaste. Comme je l’indiquais, il touche autant à l’intégration, au soutien du tissus associatif, qu’aux pratiques de l’administration. L’étendue du sujet a d’ailleurs été une difficulté pour la MIE. C’est pourquoi il nous faut continuer à travailler sur ce sujet, mieux le discerner, avoir une approche qui va aussi vers le concret et le quotidien des habitants de notre Ville.

Et nous pensons que la définition de critères objectifs d’évaluation, est un préalable à toute politique interculturelle. Plus globalement, pour construire une ville interculturelle, nous avons besoin d’éducation, de connaissance, de conscience.

La connaissance de l’histoire donne des repères pour le présent. Nous devons impérativement donner aux femmes et aux hommes, en particulier aux jeunes citoyens, de nouvelles compétences pour appréhender la diversité, des connaissances pour répondre à ceux qui cherchent à détourner l’histoire et la religion.

Au nom d’un humanisme du 21ème siècle qui combat la peur et l’intolérance, les élus du groupe ont approuvé les recommandations de cette MIE et soutiennent le vœu déposé par la majorité

Je vous remercie.