Soutien de la Ville de Paris à l’activité commerciale

Intervention de Jean-Bernard BROS, Président du groupe RGCI

Madame la Maire, mes chers collègues,

La défense des commerces de proximité est, pour une ville comme Paris, une préoccupation majeure. Ils participent en effet au dynamisme économique de notre territoire. Le commerce parisien, c’est 10% de l’emploi de notre ville, et des opportunités importantes pour des postes diversement qualifiés.

Les commerces participent aussi clairement à la qualité de vie de nos quartiers. Leur présence permet de favoriser le vivre-ensemble en participant à l’animation de nos rues. Au-delà, c’est bien un art de vivre tout parisien qui s’exprime à travers les commerces de proximité.

Et à Paris, la vitalité commerciale est réelle. La ville connaît en effet à l’échelle nationale le plus grand nombre de commerces par habitant. Mais derrière cette bonne santé apparente, se cache des fragilités réelles et des inégalités de situation d’un quartier à l’autre.

Des fragilités qui sont tout d’abord inhérentes à l’évolution du secteur. Le développement du commerce sur Internet, le manque de vocation chez les plus jeunes dans certains secteurs, les nouvelles habitudes de consommation sont des éléments qui bouleversent le secteur depuis plusieurs années.

Les inégalités territoriales sont également fortement  présentes dans notre ville. Le diagnostic fait par l’APUR permet de confirmer cette donnée en offrant une vision affinée des secteurs les plus en difficulté. Mono-activité, vacances et déserts commerciaux, sont des réalités, particulièrement dans les zones périphériques de Paris.

Face à ce constat, notre collectivité a fait le choix d’agir en soutien de l’activité commerciale. Il ne s’agit pas, bien sûr, de réguler l’activité libre de commerce mais bien de soutenir les initiatives, de valoriser le travail de nos commerçants et de protéger ces acteurs économiques indispensables à notre attractivité.

Le premier de ces leviers est bien sûr le Contrat de Revitalisation commerciale. Proposé par la loi Pinel, le contrat est directement inspiré de l’outil parisien Vital’quartier. Nous pouvons, je crois, nous féliciter de la généralisation de ce dispositif qui marque les capacités d’innovation de notre collectivité.

Ainsi le contrat de revitalisation prévoit l’extension du territoire sur lequel les pieds d’immeuble pourront faire l’objet de préemption pour l’installation de commerces. C’était une demande forte sur de nombreux arrondissements et nous saluons cette évolution. La qualité de l’opérateur, la Semaest, que notre assemblée a choisi lors de sa dernière séance, n’est plus à prouver.  Nous sommes certains, qu’elle saura amplifier l’action qu’elle mène depuis sa création.

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Les élus du groupe avaient demandé par un vœu en 2014 qu’un plan d’action global de soutien au commerce nous soit présenté. En effet, le contrat de revitalisation est un des outils de mobilisation pour la vitalité commerciale, mais il ne peut être le seul. Nous reconnaissons d’ailleurs l’engagement de l’adjointe en charge sur ces questions. La Ville a ainsi porté de nombreux projets structurants. C’est pourquoi d’autres actions complémentaires étaient nécessaires. Et le groupe RGCI a participé à ce travail.

Ainsi, la demande du groupe pour un guichet unique à destination des commerces est entérinée dans la communication, du moins dans sa version numérique. Les petits commerces sont en effet confrontés à des difficultés par la quantité et la lenteur des formalités administratives auxquelles ils doivent procéder. Ils se retrouvent dans de véritables dédales kafkaïens dans leur rapport aux institutions, dont la ville.

En parallèle, l’exécutif s’est engagé dans une démarche de modernisation de l’administration, ce que nous saluons comme une démarche très positive. Le renouvellement du site Internet de la ville, le futur compte unique pour les particuliers, tout cela va dans le sens d’un service public de qualité.

Il nous paraissait donc important que les commerçants ne soient pas exclus de ce mouvement. L’administration parisienne a les moyens de modifier son rapport aux commerçants et elle peut entraîner avec elle d’autres institutions, nous en sommes persuadés. Il s’agit d’un des objectifs de la mandature et nous sommes heureux que la démarche soit aujourd’hui impulsée. Le futur portail « commerces.paris » permettra aux commerçants d’effectuer les démarches les plus courantes en ligne.

Nous espérons à terme offrir un guichet unique physique pour les démarches des commerçants avec un nombre d’interlocuteurs réduit et identifié. Mais ce guichet numérique est un premier pas vers la simplification administrative que nous appelons de nos vœux.

Et je souhaitais saluer d’autres points de la communication. Ainsi le futur GIE de bailleurs sociaux pour la commercialisation des pieds d’immeubles est un projet indispensable. Il va permettre de structurer l’activité de mise en commercialisation. La place laissée à l’innovation dans le soutien de la Ville est aussi intéressante. L’expérience Costo ou la création d’un « living lab » consacré à l’économie de proximité en sont des exemples concrets. Soutenir ces initiatives aujourd’hui, c’est préparer les commerces de demain. Un avenir, cela se façonne, cela se veut et Paris veut le meilleur pour l’avenir de ses commerces.

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Enfin, le groupe RGCI a déposé en novembre dernier, une proposition de délibération pour l’organisation d’un Festival de cuisine gastronomique de rue parisien. La communication prend l’engagement de son organisation avant la fin de l’année.

La cuisine de rue est une nouvelle forme de commercialité. Elle vient compléter depuis plusieurs années les activités traditionnelles de restauration, et anime régulièrement nos rues en participant à l’amélioration du cadre de vie.

S’il est une capitale de la gastronomie, c’est bien notre Ville. Paris, avec ses nombreux artisans, est garante d’un savoir-faire gastronomique et du bien mangé. La cuisine de rue doit participer de cette culture.

Nous soutenons donc, vous l’avez compris, la démarche ambitieuse engagée par l’exécutif en faveur des commerces de proximité. Je vous remercie