Accord de Paris : les villes contre Trump

Madame la Maire, mes chers collègues,

L’accord de Paris a suscité beaucoup d’espoir. L’espoir que tous les Etats agissent de concert pour lutter contre le dérèglement climatique. Ce fut le résultat d’un marathon diplomatique qu’ont constitué la COP 21 et l’implication de l’ensemble des acteurs institutionnels, mais aussi de ceux de la société civile.

Alors, oui cet accord n’est pas parfait. On peut lui reprocher un manque de mesures contraignantes et des objectifs qui aurait pu être plus ambitieux. Cependant, il était le témoin d’un tour de force. Celui d’avoir réussi à être accepté par les Etats les plus pollueurs de la planète. Il a permis aussi, la reconnaissance partagée d’un péril qui nous concerne tous. Car oui, l’enjeu n’est pas tant de sauver notre planète en tant que telle, mais bien les êtres vivant qui l’habitent.

La transformation climatique signifie la montée des eaux avec pour conséquence la disparition d’Etats insulaires et le déplacement contraint de millions d’habitants à travers le monde. La transformation climatique, c’est aussi le bouleversement des cultures qui nourrissent l’homme, la pollution atmosphérique accentuée et des dangers graves pour la santé de milliards d’humains.

Trump, en renonçant à affronter l’enjeu climatique, a mis les Etats-Unis au ban des nations qui compte dans le monde. Et surtout, il prend le risque de nous condamner à subir le dérèglement de notre environnement. Mais un espoir demeure. Comme l’ont montré les messages venus du monde entier qui ont suivi cette annonce : la bataille doit et peut continuer. Les autres Etats, et en premier lieu ceux de l’Union européenne, sont prêts et doivent prendre le leadership dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Les régions et les villes ont un rôle éminemment important dans cette lutte. Les métropoles, émettrices de la majorité des gaz à effet de serre, ont la volonté et les moyens d’agir concrètement. C’est ce que vous avez indiqué Madame la Maire au nom du C40.

Nous n’avons d’ailleurs pas attendu l’accord de Paris pour agir sur notre environnement. Le Plan climat ambitieux que nous avons adopté permet d’avoir une approche globale du problème. Les nombreuses mesures prises pour limiter la pollution atmosphérique sont, à ce titre, évocatrices. Les métropoles, et en particulier Paris, s’est construite autour de la voiture individuelle dans les années 70. Nous avons su prendre le tournant de notre siècle pour lui donner une place moins prépondérante. Vélos en libre-service, réaménagement des places, piétonnisation des Berges, Zone à circulation restreinte, plan piétons : voici quelques une des actions positives que nous soutenons. Nous pouvons aussi agir sur la consommation d’énergie des habitations et locaux d’entreprises à Paris : inciter et informer chacun des changements qu’il peut construire. La Ville doit aussi monter l’exemple, ce qui constituera des économies importantes.

Ces quelques exemples montrent que les Villes partout dans le monde peuvent agir. Le C40 a d’ailleurs montré leur capacité à se réunir pour mieux travailler ensemble. En parallèle des actions étatiques, nous pouvons tous agir, collectivités, entreprises, associations, citoyens.

Ainsi, il est important de le dire : l’accord de Paris n’est pas mort. Nous montrerons à M. Trump et à ses soutiens climato-sceptiques qu’ils avaient tort et que leur irresponsabilité les aura mis au ban de l’Histoire du monde.