Compte administratif parisien 2016

Madame la Maire, mes chers collègues,

La présentation du compte administratif pour l’année 2016 n’est pas une formalité légale, mais bien la confrontation de l’action menée et des engagements pris auprès des parisiens. Cette confrontation est d’autant plus importante dans le contexte général des restrictions de financement pour les collectivités. La baisse des dotations de l’Etat oblige en effet à une gestion encore plus exigeante.

La Cour Régionale des Comptes avait d’ailleurs qualifié cette situation de « choc majeur pour les finances de la Ville». Ce choc se matérialise depuis plusieurs années :

  • en 2015, la baisse du financement de l’Etat a représenté 270 millions d’euros de recettes en moins.
  • en 2016 – en combinant la baisse des dotations et la hausse des péréquations – nous arrivons à une baisse de 236 millions d’euros de recettes de fonctionnement.

Ainsi, depuis 2010, la perte de ressources de l’État cumulée est de plus de 1 milliard d’euros. L’ampleur de cette perte n’était pas prévisible en début de mandature. Alors l’opposition aura beau jeu de pointer les difficultés liées à l’endettement ou un supposé manque de clairvoyance. Nous pensons au contraire, que le Compte administratif est la démonstration d’une gestion globale exemplaire.

Tout d’abord, l’endettement est fortement contenu. Ainsi, l’encours de la dette représente 62% des recettes réelles de fonctionnement contre 87% pour la moyenne des grandes villes. Même situation si on regarde la dette par habitant. Elle s’établit à 2.288 euros contre près de 2.834 euros d’endettement moyen par habitant dans les 41 villes de plus de 100.000 habitants.

Par conséquence, l’épargne de la Ville augmente et s’établit à 580 millions d’euros, ce dont nous pouvons nous féliciter. Et si le respect de nos engagements pour nos comptes publics est le premier principe qui doit guider notre action, un autre principe fondamental est celui d’assurer le futur de Paris. Préparer l’avenir, c’est contenir la dette, pour que les changements futurs qui s’imposeront à Paris ne soient pas empêchés par des choix inconséquents aujourd’hui. Ainsi, le travail de la Ville, par le biais de l’Adjoint chargé des finances, est à saluer, car il permet l’équilibre budgétaire, mais aussi la préparation sereine de l’avenir.

Il nous faudra poursuivre dans cette optique, à travers une utilisation sérieuse des deniers publics quel que soit les choix qui seront faits au niveau national. Il nous semble nécessaire que notre collectivité maintienne trois lignes directrices :

  • Limiter les dépenses de fonctionnements en identifiant bien les domaines prioritaires ;
  • Maintenir un programme d’investissement ambitieux pour construire l’avenir de notre Ville ;
  • Garder la stabilité des impôts locaux.

Qu’en est-il du respect de ces trois objectifs dans le compte administratif ?

Concernant les dépenses de fonctionnement, nous pouvons saluer les efforts de la Ville. Ainsi, hors péréquation, elles ont baissé de 0,1%. Cet infléchissement de la courbe est à saluer. En effet, elle est obtenue alors même que la progression de la masse salariale connaît une légère accélération avec la hausse du point d’indice et l’ouverture de nouveaux équipements publics. Du côté des recettes, nous souhaitions plus particulièrement souligner les efforts faits sur les renégociations des contrats de délégation. Vous nous savez vigilants en la matière, et le travail mené porte ses fruits.

Du côté de l’investissement maintenant : 2016 est la deuxième année de mise en œuvre du Programme d’Investissement de la Mandature. Il augmente donc et c’est plus de 1,6 milliard d’euros qui ont été engagés, notamment pour des opérations d’aménagement et de transports. Ce sont ces projets qui transformeront durablement notre capitale et permettront à Paris de s’adapter aux évolutions de notre société. Cette politique d’investissement ambitieuse permet de développer des équipements à destination directe des Parisiennes et des Parisiens. Cela est essentiel pour transformer durablement leur quotidien. Une autre conséquence de ces investissements, qui, à mon avis, n’est pas assez mis en avant, est que cette politique ambitieuse a des conséquences directes en termes de développement économique. Ainsi, créer des équipements c’est aussi créer de l’emploi, notamment dans le secteur du BTP.

 

Enfin sur la question fiscale, force est de constater que les taux d’impôts directs sont restés stables. Voici un engagement de campagne respecté.Dans une métropole où le coût de la vie est élevé pour les faibles revenus mais aussi les classes moyennes, il est essentiel de ne pas faire subir une pression fiscale supplémentaire. Le choix politique d’une stabilité des impôts locaux est le bon, et cet engagement devra être tenu jusqu’à la fin de la mandature.

L’effort financier que nous portons est nécessaire. Il ne nous empêche pas de mener une politique d’investissement ambitieuse. Ce sont ces choix qui permettront de construire le Paris de demain. Vous l’aurez donc compris, notre groupe se prononcera en faveur du Compte Administratif 2016.