Lutte contre le harcèlement de rue

Madame la Maire, mes chers collègues,
Les violences sexistes auxquelles les femmes doivent faire face dans l’espace public sont massives. Ce problème constitue un enjeu de société auquel les collectivités doivent répondre efficacement. Les agressions verbales que subissent toutes les femmes, ne sont en aucun cas assimilables à de l’humour, à des compliments, et encore moins à de la séduction. Les femmes en tant que citoyennes à part entière doivent bénéficier de la liberté de circulation et ne pas se restreindre à sortir uniquement dans certains endroits ou à certaines heures.

Alors bien sûr, les médias ont largement abordé le sujet en ce qui concerne les quartiers de Pajol et La Chapelle, souvent sans analyse et dans une confusion dommageable des problématiques de terrain. Mais le harcèlement de rue est un problème global, un sujet, sur lequel, la Ville n’a d’ailleurs pas attendu pour agir. Nous pensons cependant que son action doit être plus ambitieuse. « Zone zéro macho » pourrait être un objectif à se réapproprier.

Nous disposons de nombreux leviers d’action : en prévention bien sûr, mais aussi en répression. La sécurité fait partie de la cohésion sociale et à ce titre, il ne faut pas avoir peur d’user de ces deux modes d’actions. Ainsi, la campagne de communication contre le harcèlement, que nous avons salué, aurait pu être plus massive, plus lisible, notamment en étant déployée directement sur l’espace public mais aussi dans les transports. Cette campagne doit pouvoir revenir de manière régulière sur l’espace public, pour interpeller, encore et toujours.

Un autre levier retient toute notre attention : celui des marches exploratoires. Nous voyons depuis plusieurs années se multiplier ces marches, avec des associations de terrain fortement engagées avec les habitantes. Nous saluons cette action qui permet la prise en compte de la question du genre dans l’espace public. Mais, leurs conséquences sur les aménagements urbains ne sont pas assez lisibles. Un retour qui pourrait, pourtant, conforter les associations et les citoyennes qui mènent ces marches, s’impliquent dans l’action locale et dans la construction des politiques publiques. Ainsi, nous demandons qu’un bilan des aménagements urbains mis en place à la suite des marches soit présenté.

Enfin, la Ville doit utiliser les leviers de l’innovation pour développer de nouveaux moyens d’alerte et d’aide aux victimes de harcèlement de rue. Pour toutes ces raisons, je vous invite, mes chers collègues, à voter notre vœu.