E-Pétition « Pour que Paris protège les adolescents exilés et réfugiés sans famille »

Intervention de Jean-Bernard Bros

Madame la Maire, mes chers collègues,

Mhamoud témoigne : « Au cours de mon voyage, en Iran et en Bulgarie, j’ai eu très peur, j’ai été arrêté et frappé par des policiers, les policiers bulgares m’ont pris tout ce que j’avais, l’argent que mon oncle m’avait donné, mon téléphone avec le numéro pour joindre ma mère, ils m’ont tout pris, ils m’ont frappé avec des bâtons…».

Combien sont-ils à encore avoir peur des coups ? Parce qu’ils les ont subis, parce qu’ils vivent avec ce terrible sentiment de terreur de connaître à nouveau une telle violence, parce qu’ils sont victimes de traitements inhumains et dégradants.

L’arrivée en France, notamment à Paris, d’enfants mineurs étrangers n’est pas un  phénomène récent mais il s’est amplifié ces dernières années. Il nécessite un cadre juridique particulier et une prise en charge adaptée car leur jeune âge et leur manque d’expérience les exposent à des violations, encore plus fortes, de leurs droits et de leur intégrité. Les mineurs étrangers isolés arrivant sur notre territoire sont ainsi les proies les plus faciles de toutes les filières de traite des êtres humains, de proxénétisme, de servitude domestique voire de trafic d’organes. L’intérêt supérieur de l’enfant exige donc une action spécifique et résolue de la part de l’Etat et de Paris.

La cohérence, la qualité de l’accueil, le suivi juridique et médical peuvent constamment être améliorés. Et les procédures restent trop longues : ces enfants attendent souvent des semaines une première évaluation à la DEMIE de Paris. Et quand il y a recours, ils patientent parfois jusqu’à six mois pour obtenir une audience dans des tribunaux saturés.

Pour les élus du groupe RGCI, le dispositif actuel n’est pas satisfaisant.

Face à la prolifération de discours sécuritaires, voire xénophobes, qui a créé un climat de suspicion généralisée à l’encontre de ces jeunes, rappelons que le droit fondamental le plus élémentaire de ces mineurs est d’obtenir une protection de la part des autorités. Mais c’est aussi à l’Etat de veiller à une meilleure répartition des mineurs en France pour ne pas faire peser entièrement le poids de la prise en charge aux mêmes collectivités.

En vertu du principe d’égalité de traitement sur le territoire national, nous devons porter avec les associations, la nécessité d’une véritable politique nationale, globale et cohérente pour les mineurs isolés étrangers. Nous devons hausser la voix pour que l’Etat étudie la nécessaire évolution du dispositif actuel à un niveau national. Il faut que l’Etat prenne davantage en charge ces jeunes, et que leur parcours soit réellement simplifié. Beaucoup trop de mineurs sont exclus de cette protection.

Avant de conclure, je voudrais adresser des remerciements particuliers aux associations qui œuvrent chaque jour pour l’accompagnement des mineurs étrangers isolés sur le territoire parisien et national et les remercier d’avoir saisi notre Conseil de cette question essentielle.

Je vous remercie.