Promotion de l’économie circulaire à Paris

Intervention de Didier Guillot

Madame la Maire, mes chers mes collègues,

Pour débuter mon intervention, je souhaitais citer quelques chiffres :

  • 1,6, planète : ce sont les ressources que nous utilisons chaque année ;
  • 1,3 million : c’est le nombre de litres d’eau que nous utilisons chaque seconde. Inutile de vous dire que c’est largement supérieur aux capacités de renouvellement des réserves ;
  • 324 millions, c’est le nombre de tonnes de déchets produits par an en France ;

Je pourrai continuer ainsi pendant plusieurs minutes. Je crois que vous l’avez déjà compris, notre planète souffre et la survie des générations futures est en jeu.

Nous devons infléchir notre modèle de production et de consommation. Au lieu de jeter et de prélever systématiquement de nouvelles ressources, il nous faut récupérer, réemployer, et recycler des ressources déjà utilisées, transformées. C’est l’objectif de la Ville de Paris. Depuis maintenant quelques années, notre collectivité est fortement engagée pour promouvoir l’économie circulaire.

Il ne s’agit pas là de quelques mesures de communication que certains penseront « écolos-bobos ». Non, il s’agit bien d’enclencher un nouveau système de réutilisation, et ce, chez l’ensemble des acteurs : producteurs, consommateurs, public, privé, associations, entreprises, tous doivent prendre part à ce changement. Il s’agit de concilier protection de l’environnement et développement économique. Face à l’urgence de la situation liée à la raréfaction des ressources, à la production massive de déchets et aux impacts négatifs sur l’environnement, l’économie circulaire apparaît comme une solution à explorer pleinement.

Pour mettre en œuvre cette nouvelle opportunité tournée vers l’avenir, la Ville a déjà pris de nombreuses initiatives. On peut citer le Plan Climat Énergie de Paris réactualisé en 2012, la Trajectoire « zéro déchet » en 2014, le Schéma de la commande publique responsable en 2016…et bien d’autres.

Dans ce mouvement indispensable vers l’économie circulaire, Paris suscite et fait vivre l’innovation. Je prendrais à titre d’exemple l’appel à projet d’expérimentation appelé « Amélioration du métabolisme urbain ». La création d’une plateforme d’innovation, portée par Paris & Co, spécifiquement dédiée à la question marque plus largement cet engagement envers l’innovation. Les startups ainsi accueillies auront pour objectifs de contribuer à réduire la pression sur les ressources naturelles en travaillant à la limitation des déchets, et bien sûr, à favoriser le recyclage ou la réparation.

En mars 2017, un second appel à projet a permis de sélectionner une nouvelle promotion de 25 startups, qui intégreront la plateforme installée dans le 18ème arrondissement à Nord Express et lancée courant septembre. Je précise également que l’équipe expérimentation d’Urban Lab qui vient d’intégrer Station F sera un appui indispensable à tous les acteurs de l’économie circulaire.

Mais l’innovation peut-être aussi plus modeste. Nous pensons aux trocs de trucs, et autres boîtes à livres qui permettent la réutilisation de nos objets par ceux qui en auraient besoin. Il faut susciter, en parallèle de grands projets, ces petites innovations du quotidien qui ancrent l’économie circulaire et sont directement visibles par les habitants. Plus spécifiquement, nous saluons le choix d’agir plus fortement dans certains domaines.

Et je pense bien sûr à la lutte contre le gaspillage alimentaire. En soutenant la consommation responsable, Paris a développé des initiatives nouvelles en la matière. Et là encore les startups incubées elles sur la plateforme Smart Food ont cet impératif en leur cœur.

Le travail mené pour favoriser le recyclage est aussi essentiel, même s’il est plus classique. L’exemple du Plan Compost offre de réelles capacités d’évolution dans la réaffectation des déchets ménagers. On aurait pu croire impossible de faire du compost dans la capitale la plus dense en Europe et pourtant il s’agit bien d’une réalité parisienne ! Nous espérons que l’expérimentation de la collecte sélective de bio-déchets qui a débuté dans les 2ème et 12ème arrondissements de Paris, pourra être étendue.

Enfin, nous insisterons sur un dernier point essentiel : le développement d’un partenariat large pour réussir la transition vers l’économie circulaire. Le choix de mener un travail à l’échelle métropolitaine est essentiel. Paris n’est pas une citadelle isolée, au contraire, notre Ville est traversée chaque jour de flux de ressources importants. Il était également vital de travailler avec le secteur privé. L’économie circulaire n’est pas une niche réservée à l’économie sociale et solidaire. Elle concerne tous les acteurs économiques. La question des déchets occasionnés par le secteur du BTP dépasse, et de loin, le niveau des déchets ménagers. Ainsi nous saluons les engagements pris en ce domaine. Je veux citer à titre d’exemple l’initiative prise le 30 juin par Coca Cola avec Eco-emballages et dont l’annonce forte sur le recyclage des bouteilles plastiques a eu lieu à La recyclerie dans le 18ème

L’économie circulaire est une question transversale qui doit être connectée au mieux avec son environnement, pour agir pleinement sur celui-ci. Ainsi, Paris agit, continue d’œuvrer et prévoit d’élaborer de nouveaux projets afin d’offrir aux Parisiens et Parisiennes un environnement sain et profitable.

Enfin, je ne doute pas du volontarisme qui sera celui de Nicolas Hulot pour que tous les acteurs, État, Collectivités locales, entreprises s’accordent à faire de la France dans les 5 ans un leader mondial de l’économie circulaire et Paris prendra sa part. J’en profite pour saluer la réélection du député écologiste François-Michel Lambert qui préside l’institut de l’économie circulaire qui sera un outil précieux pour former les élus que nous sommes à ces questions.

Saint-Exupéry disait : « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ». C’est pourquoi nous voterons en faveur des projets qui nous sont soumis.

Je vous remercie.