Objectif Paris propre – Une véritable bataille culturelle sur la question du respect de l’espace public

Intervention de Buon TAN, Vice-Président du groupe

Madame la Maire, Mes chers collègues

L’action en termes de propreté de la Ville s’inscrit dans un temps long. Nous pourrions énumérer l’ensemble des mesures mises en œuvre tant d’un point de vue matériel qu’humain : installation de 30.000 nouvelles corbeilles de rue, extension des horaires d’ouverture des sanisettes, modernisation du matériel utilisé par nos agents de la propreté…

Je souhaite en particulier saluer le travail de nos agents qui tous les jours travaillent sans relâche pour rendre notre ville plus belle et plus accueillante. Mais soyons clairs : nous sommes encore loin du compte. Le gouffre qui existe entre les moyens investis par la ville de Paris en matière de propreté, 2ème poste de dépenses de fonctionnement (26%) et la situation réelle doit tous nous poser question.

Car oui, la protection de notre cadre de vie fait l’objet d’un consensus immédiat. Mais il ne suffit pas de le dire, il faut aussi le faire savoir et le donner à voir.Les « points noirs » de la propreté, nous les connaissons tous : objets encombrants, graffitis, urines, déjections canines, mégots et autres.

Je souhaite ici solennellement dénoncer les « tolérances » affichées par certains. Les Parisiens sont excédés des petites incivilités du quotidien qui, chaque jour, mettent en péril le vivre ensemble. Ces canettes laissées derrière soi, ces chewing-gums jetés sur les trottoirs, ces mégots aux pieds des arbres, … Nous croisons chaque jour des situations semblables. Et cette multiplication des incivilités n’est pas seulement irritante pour notre vie quotidienne, elle a aussi un coût très important pour notre collectivité.

Mes chers collègues, j’appelle ici à une véritable bataille culturelle pour redonner toute sa place à la question du respect de l’espace public. Prenons l’exemple des tags. J’aime cette expression et le 13e arrondissement de Paris accueille les plus belles réalisations de street art à travers ses fresques monumentales sur certains bâtiments. Mais ceux-ci doivent avant tout être réalisés dans les lieux dédiés. Car, pour le bien-vivre ensemble ne perdons pas de vue que « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ». Sur proposition de notre groupe, 200 lieux devaient d’ailleurs être réservés au street-art.

Mettre les moyens pour une ville propre c’est aussi sanctionner, et plus durement ! Et sur ce sujet, nous sommes tous d’accord, que ce soit les élus de la majorité comme de l’opposition, le Conseil Parisien de la Jeunesse ou encore la conférence citoyenne.

J’appelle à la tolérance zéro. Car l’important, à long terme, c’est bien de changer les comportements. Les PVs ont une vertu pédagogique. Ils sont à ce stade de notre action nécessaires. Dans ce rôle de sanction nous tenons à saluer le travail de la brigade de lutte contre les incivilités, qui œuvre sur le terrain pour faire reculer les nuisances liées à la saleté. Les chiffres parlent pour eux : une hausse de 149% des PV dressés entre 2016 et 2017. Preuve que des incivilités il y en a ! Preuve qu’il était nécessaire de commencer à les sanctionner plus durement.

Mais nous devons aller plus loin. Nous devons ainsi mieux sanctionner l’abandon des déchets de chantier par les entreprises du bâtiment, qui une fois leurs travaux terminés laissent parfois sur place leurs déchets. Difficile à admettre quand nous savons que l’enlèvement de ces déchets est facturé au client, mais qu’elle coûte aussi à la collectivité.

La lutte doit également être relancée contre l’affichage publicitaire sauvage, que l’on retrouve sur le sol, sur les bancs, sur les grilles des parcs, sur les murs des immeubles. En bref partout et cela coûte une fois de plus cher à la collectivité ! Si je regarde en 2016, ce sont presque 150.000 euros qui auraient pu, par exemple, venir compléter la dotation en matériel d’un ou plusieurs arrondissements. Et nous pouvons avoir aussi le même discours sur les dégradations de mobilier urbain. Poser un sticker sur un potelet peut paraitre anodin voire amusant. Et pourtant, cela dégrade notre perception du cadre de vie.

L’état de la propreté est déploré par tous mais pas assez de citoyens savent qu’il est aussi de leur responsabilité d’y remédier. Alors mettre les moyens pour faire de Paris une Ville propre c’est continuer à sensibiliser à la fois les plus jeunes, qui statistiquement sont ceux qui polluent le plus, mais également les adultes pour leur rappeler que faire de Paris, une ville propre est un combat de tous les jours.

C’est aussi faire en sorte que les Parisiens se saisissent du service de collecte des encombrants. Nous ne pouvons mettre un agent derrière chaque Parisien. Et pourtant, aujourd’hui nous sommes dans une situation où nous proposons un service gratuit mais où seulement la moitié des encombrants récoltés font l’objet d’un signalement, ce qui rend la collecte des encombrants inefficiente.C’est surtout associer dans notre démarche, tous les acteurs locaux qui sont tous les jours au contact du terrain, que ce soit les régies de quartier, les entreprises d’insertion mais encore nos mairies d’arrondissement.

Nous, Parisiens, élus et citoyens, sommes tous d’accord sur l’objectif de faire de Paris une ville moins sale. Nous, Parisiens, élus et citoyens, sommes tous d’accord sur les réponses à apporter aux enjeux liés à la propreté. Alors, travaillons collectivement afin que les couleurs de notre ville lumière brillent encore.

Je vous remercie.