Conseil des générations futures – «Inclusion numérique et nouveaux services»

Intervention de Laurence Goldgrab, Présidente du groupe

Madame la Maire, Mes chers collègues,

La dématérialisation touche désormais le quotidien de tous les Français. De nombreuses actions ont été menées, par notre collectivité, pour réduire la fracture numérique et rendre le digital accessible à tous, même aux plus exclus. En 2016, une étude TNS Sofres nous affirmait que 69% des plus de 55 ans possèdent au moins un appareil connecté. Mais cela ne fait pas non plus d’eux des geeks passionnés.

Or tirer profit de l’économie du partage nécessite de maîtriser les technologies qui y donnent accès, ainsi que les nouveaux modes de socialisation qu’elle sous-tend. Je souhaite donc saluer le travail du Conseil des générations futures qui saisit notre assemblée d’une question importante. Car bien au-delà de la question de la fracture numérique, que nous avons tous en tête, c’est celle de la fracture collaborative qui nous intéresse ici.

55 % des séniors ont une opinion positive des services de consommation collaborative et de partage existants alors que ce taux d’adhésion monte, par exemple, à 76 % chez les moins de 35 ans. Ces nouveaux modèles restent donc frappés par un effet générationnel, même si l’usage des plus de 60 ans n’est pas non plus inexistant. L’économie collaborative contribue pourtant à lutter contre l’exclusion et à renforcer le lien social.

Les séniors ont pour certains simplement besoin d’un intermédiaire de confiance pour franchir le pas de l’économie collaborative. Des accompagnements ont été mis en place dans certaines administrations. Mais ils ne sont pas forcément suffisants, notamment face à des publics plus fragiles. Le soutien de notre collectivité à la création d’un réseau d’« écrivains publics numériques », présent sur le territoire, accessible à tous, avec des permanences hebdomadaires en mairie d’arrondissement, et pour répondre aux sollicitations par téléphone (hotline) est un outil qui nous semble intéressant.

Les élus du groupe RGCI en sont convaincus. Des actions simples sont possibles pour améliorer l’usage des nouveaux services.  Je pense notamment à la question du regroupement des informations existantes pour simplifier le quotidien des familles. Car oui, parfois, il est difficile de trouver, en quelques clics, la réponse à nos questions tant la profusion d’informations est grande sur la toile.

Aussi, les élus du groupe RGCI pensent qu’il nous faut promouvoir l’apprentissage « par le faire ». Car au-delà de la maîtrise de l’usage des outils connectés, il s’agit aussi de développer l’aptitude à utiliser le numérique dans la vie courante en vue d’atteindre des buts personnels et collectifs et d’étendre les connaissances et les capacités de chacun pour une véritable autonomie d’usages citoyens.

Au-delà de ces enjeux l’économie collaborative est un formidable vecteur de lien social, de rencontres et peut jouer un rôle de soutien pour le public, parfois isolé que représentent nos aînés. Lorsqu’est évoquée la question de la médiation numérique, nous pensons prioritairement au public senior. Pour autant, il est imparfait de penser que seules les personnes âgées sont dépassées par le numérique

La fracture numérique est un enjeu multidimensionnel qui touche de nombreux domaines de la vie des citoyens parisiens. Sans prise en compte dans notre action, la fracture collaborative ne peut être réduite. Ainsi, aux efforts quotidiens d’accompagnement et de formations en direction des séniors doivent s’ajouter des mesures pour contrer les risques liés aux évolutions de nouveaux outils technologiques. Ceux-ci peuvent compromettre les compétences des publics actuellement connectés créant demain un potentiel nouveau public fragilisé.

Je vous remercie.