Le Parisien – Un viager municipal créé d’ici mi-2019

Le conseil de Paris a voté le principe de création d’un viager public et solidaire pour permettre aux séniors disposant de faibles ressources de vivre plus longtemps chez eux tout en améliorant leurs revenus.

Comment aider les personnes âgées propriétaires de leur appartement à vieillir chez elles ? Face à cette question de plus en plus cruciale à l’heure où la longévité augmente, le Conseil de Paris a adopté le projet de création d’un viager public et solidaire porté par le groupe écologiste de Paris. Ce dispositif inscrit dans le plan sénior voté en juin 2017 se concrétise.

« Ce dispositif innovant pourrait permettre aux personnes âgées de faire face à de nouveaux besoins, d’adapter leur logement, d’améliorer leur quotidien, d’entrer dans un établissement médicalisé et d’anticiper les frais d’obsèques en épargnant la charge financière à leurs proches », a argumenté David Belliard, le président de groupe. Les écologistes souhaitent que les biens des plus âgés puissent être ainsi transformés en logements sociaux à l’issue du viager. «Ce dispositif permettrait de pallier les manques dans les zones déficitaires de l’Ouest parisien où se concentre aujourd’hui une grande majorité des séniors », a expliqué David Belliard.

Sur les bancs de la gauche, on a applaudi cette initiative qui consiste pour la Ville à acquérir le logement d’une personne âgée qui pourra continuer à vivre chez elle tout en touchant une rente à vie. Laurence Goldgrab, (RG-CI) la juge « très opportune et de bon sens alors que 90% des personnes âgées souhaitent continuer à vivre chez elles». Un avis partagé par Didier le Reste (PC) qui s’est interrogé cependant sur « la mobilisation financière ».

« Les bonnes intentions ne sont pas suffisantes », a renchérit Julien Bargeton (Progressistes et Démocrates), sceptique. «Le viager est un pari sur la mort d’une personne qui déshérite les ayants droit », a-t-il critiqué. Un avis que partage Eric Azière, (UDI-MoDem) : « Il y a un aspect morbide qui pose une question éthique », a-t-il lancé. Alexandre Vesperini (PPCI) a dénoncé, pour sa part, « un message déshonorant », envoyé aux séniors.

« Il ne s’agit de spolier personne », a répliqué Rémi Féraud, président du groupe PS. « Si le viager n’a pas bonne presse, les esprits évoluent. D’ailleurs, on observe un volume important des offres de viager à Paris », a commenté Galla Bridier, adjointe (EELV) chargée des séniors qui s’est engagée à étudier le projet et mettre en place le dispositif à partir de juillet 2019.